MUTUELLE et SECURITE SOCIALE

Il n’aura échappé à personne que le « marché » de la complémentaire santé est attractif.Il n’est qu’à recenser les spots publicitaires sur tous les médias, et pointer les acteurs divers et nombreux qui y prétendent pour s’en convaincre.
Coîncidence, au moment ou l’on s’efforce de livrer la meilleure offre santé aux salariés de nos entreprises,jurant de ne pas oublier les retraités, les jeunes , les chômeurs et les indépendants,on vient de fêter les 70 ans de notre sécurité sociale.Cette célébration ne peut être dissociée d’une loi santé en gestation difficile,qui conduit les médecins à faire gréve, et à l’insatisfaction du mouvement mutualiste français.il n’est qu’a lire les récents propos du Président de la MGEN, reprenant ceux martelés de longue date par celui de la FNMF, pour comprendre ou le bât blesse!
De fait c’est le modèle social français dans son ensemble qui est sur la sellette, bâti a une époque révolue, ou l’emploi n’était pas une denrée rare, ou le nonagénaire était un miracle et ou la croissance économique n’était pas entravée par la mondialisation.
Les « mouches ont changé d’âne » comme disait mon grand père. Tout est a revoir, à l’aune d’une nouvelle donne qui doit nous conduire à recenser lucidement sans sectarisme politico-corporatiste, nos atouts et nos faiblesses.En d’autres termes, en ce domaine comme ailleurs, il faut « trier le bon grain de l’ivraie. »
Le bon grain c’est en premier lieu l’excellence de notre médecine toutes spécialités confondues, et notre maillage de CHU qui doivent servir de pôles de référence, pour animer l’ambulatoire en suivi du malade chronique, traiter les pathologies lourdes, et former les professionnels de demain notamment a la pédagogie préventive du patient.
Le bon grain c’est aussi le progrès des savoirs et techniques par le biais notamment des BNIC ( Biotechno, nanotechno,internet, et cognitif), même si une novation n’est pas toujours synonime de progrès.
Le bon grain c’est encore, le consensus partagé d’une stratégie de prévention, si l’on sait que plus de 75% des pathologies sont liées au comportemental et l’environnemental.
Le bon grain c’est enfin et peut être surtout, un socle républicain attaché a ses valeurs LIBERTE, EGALITE FRATERNITE, qui autorise les vraies solidarités, surtout si l’on y ajoute EQUITE!

Reste l’ivraie, constituée par un système qui navigue à vue entre l’ASSISTANTIEL et l’ASSURANTIEL offrant l’opportunité de mélanger les genres pour le profit de certains.
Un mélange des genres qui conduit le citoyen a ne plus savoir qui est qui?Ainsi le terme MUTUELLE, pourtant protégé par le code de la mutualité, est galvaudé sans cesse.Pour preuve un responsable mutualiste qui se dit « obligé à VENDRE à des prix toujours plus bas », ou un délégué général d’une belle institution paritaire qui claironne sur un plateau TV sa « recherche de profit »!

C’est ignorer qu’une mutuelle, est constituée de citoyens qui mettent en commun une cotisation, pour pourvoir aux besoins d’un groupe constitué, par proximité territoriale,pathologique ou corporatiste.Une Mutuelle n’a rien à vendre car c’est la cotisation mutualisée que l’on restitue, en cas de besoin , en nature ou en espèce, pour paraphraser ici ,la devise de l’une des plus anciennes mutuelles de France.
L’ivraie c’est aussi cet empilage d’acteurs publics et privés dont les rôles sont redondants faute de clarification et de choix courageux.Il est en effet urgent à notre sens de trancher, à partir de ce qui a fondé notre modèle de sécurité sociale.Un socle de protection, relevant clairement de l’assistanat, financé par la solidarité nationale et le budget de l’Etat (exit la débudgétisaton). Un ensemble garantissant à l’individu, personne physique, quelle que soit sa situation, un paniers de soins et services indispensables.c’est EGALITE et FRATERNITE dans l’EQUITE.Comme l’a très bien démontré F BIZARD (« Politique de santé, réussir le changement ») cela permet une seule caisse pour la gestion et donne du sens à un régime de santé universel vanté par l’actuelle Ministre de la Santé.Cela induit aussi des économies de gestion et une meilleure lisibilité, en termes de performances et d’objectifs.
C’est à e niveau que peut être impulsée une politique moderne de santé publique, par la prise en compte dans ce panier-socle des actions de préventions des risques comportementaux et environnementaux.
A la suite et pour mériter LIBERTE, un second niveau, confortant le socle de base par des services et prestations, portés par des groupements citoyens, librement constitués et couvrant en particulier certains tickets modérateurs et une prise en charge raisonnable d’équipements, optiques, audios ou dentaires.
C’est là que les « vraies » Mutuelles ont sens et place.Ces groupements sans but lucratif, exonérés de taxes et de contraintes de réserves sans objet (les AG souveraines peuvent modifier cotisations et prestations chaque année) auraient pour obligation une parfaite lisibilité de leurs comptes, et la fin de gouvernance fossilisées, en contre partie de l’octroi d’une véritable délégation de service public.Il est en effet désolant de voir les frais d’acquisitions engagés, dans du NAMING de stade , dans des placards publicitaires ou spots radios /tv, dans du sponsoring de manifestations qui indisposent l’adhérent.C’est nié la force du modèle MUTUALISTE dont le bouche à oreille de l’adhérent satisfait est le meilleur argument.
Cette mission doit naturellement échoir a un mouvement, illustration parfaite de la citoyenneté active, société de personnes, en capacité outre la prestation en espèce, d’assurer en proximité le contact humain et les services pour les citoyens, aidants et patients.
Enfin, pour le reste, un troisième étage, en assurantiel pur, clairement identifié comme tel.Financé par l’individu ou l’entreprise, assujetti a une fiscalité de droit commun, ce niveau serait celui des accords particuliers et réseaux captifs.Il proposerait ce qui est souvent regardé comme somptuaire.il afficherait une recherche de profits et de rentabilité revendiquées et autorisées ou commandées par la gestion d’autres risques tenant à l’IARD ou l’automobile notamment.
UFC QUE CHOISIR à ,cru utile de lancer cette semaine un comparateur de complémentaires santé, indépendant de tout groupe installé et de tout parrainage interèssè………!
C’est dire si il y a urgence à….. »trier le bon grain de l’ivraie! »

Source : Les Echos

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