Maternité, arrêts maladie : les pistes explosives de la Sécu pour économiser 3 milliards

INFO LE FIGARO – Raccourcir les séjours des femmes qui accouchent, surveillance accrue des prescriptions des médecins: la Caisse nationale d’assurance maladie fait des propositions décapantes à Marisol Touraine pour tenir l’objectif de modération des dépenses de santé.

Comment réduire un déficit de l’Assurance maladie qui a bien du mal à se résorber? La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) propose, dans un rapport présenté ce jeudi à son conseil d’administration et dont Le Figaro a eu connaissance, des actions concrètes pour freiner les dépenses à hauteur de 2,98 milliards d’euros sur trois ans, dont 715 millions d’euros dès l’année prochaine. «Dans le cadre du programme de stabilité présenté en avril 2015, le gouvernement s’est engagé à maîtriser la progression des dépenses d’assurance maladie à 1,75% en 2016, ce qui implique de réaliser 3,4 milliards d’euros d’économies par rapport à la croissance tendancielle des dépenses», explique-t-elle. Voici les principales mesures préconisées.
• Arrêts maladie: lutter contre les dérives. 300 millions d’euros d’économies sur trois ans.
L’Assurance maladie a observé un boom des arrêts maladies depuis l’année dernière. Elle veut donc renforcer les contrôles et donner aux médecins des référentiels pour qu’ils ne prescrivent pas d’arrêts trop longs.
• Raccourcir les séjours en maternité et à l’hôpital. 836 millions d’économies sur trois ans.
Il s’agit de développer les programmes d’accompagnement des patients à la sortie des hôpitaux et des maternités, point faible du système de soins français. Avantage: mieux entourés par des professionnels de santé à leur retour à domicile, les patients pourront sortir plus vite de l’établissement. Dans le cas de la maternité, il s’agit de réduire de 4,2 à 3 jours la durée des séjours, un objectif déjà avancé l’année dernière.
• Alléger les ordonnances. Près d’un milliard d’euros d’économies sur trois ans.
Plusieurs pistes sont avancées, comme nous l’indiquions déjà la semaine dernière: diminuer les examens de biologie inutiles et les tests «non pertinents», imposer aux médecins de mieux respecter les indications de la Haute autorité de santé en matière de prescription de médicaments pour les diabétiques, mieux gérer les médicaments à l’hôpital.
• Améliorer la prévention. 140 millions d’économies sur trois ans.
Un des enjeux majeurs ces prochaines années consiste à freiner la progression des maladies chroniques comme le diabète, et d’éviter au maximum que les patients déjà atteints voient leur état se détériorer. Ainsi, dans le cadre de l’insuffisance rhénale chronique, «la prévention ferait baisser l’évolution globale des dépenses», mesure la Cnam. Elle en espère 127,5 millions d’euros en trois ans. Une meilleure détection de l’ostéoporose à un stade précoce permettrait aussi d’éviter des hospitalisations pour fractures (12,6 millions d’euros sur trois ans).

Source : Le Figaro