Mars Bleu: Un mois pour sensibiliser à la prévention et au dépistage du cancer colorectal

Aujourd’hui encore, le cancer colorectal est l’un des cancers les plus meurtriers, alors qu’il se guérit dans 90 % des cas quand il est dépisté précocement…

« Le cancer colorectal tue ». Un slogan choc pour éveiller les consciences, façon avertissement de paquet de cigarettes. Dans sa nouvelle campagne de sensibilisation, lancée ce 1er mars à l’occasion de l’opération Mars bleu, un mois dédié à la prévention et au dépistage de cette maladie, l’Institut National du Cancer (INCa) tient à rappeler que si « le cancer colorectal tue 18.000 personnes chaque année, il se guérit 9 fois sur 10 quand il est dépisté à temps ». D’où l’importance du dépistage précoce.

Un slogan choc pour pousser au dépistage

Après l’humour l’an dernier (« Vous êtes peut-être assis sur un cancer »), l’INCa a cette année misé sur un slogan choc, pour marquer les esprits et pousser le grand public à faire des tests de dépistage du cancer colorectal. « 43.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France, et dans le même temps le cancer colorectal coûte la vie à 18.000 personnes, soit plus du tiers des patients, ce qui en fait le deuxième cancer le plus meurtrier », souligne le Dr Jérôme Viguier, directeur du pôle santé publique et soins de l’INCa.

Des chiffres d’autant plus rageants et inquiétants que, « dépistée à un stade précoce, la maladie se guérit dans la majorité des cas, insiste-t-il. D’où cette campagne volontairement percutante, pour rappeler qu’ un simple test, facile à réaliser chez soi, peut sauver des vies ».

Des patients frileux face au dépistage

Encore faut-il franchir le cap. Moins d’un tiers des Français se font dépister régulièrement. En pratique, de nombreux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués une fois que des symptômes se sont déclarés, signes d’un stade avancé du cancer colorectal. « Sang dans les selles, douleurs abdominales et troubles intestinaux persistants sont les principaux symptômes de la maladie », indique le Dr Viguier.

Françoise, 62 ans aujourd’hui, n’avait jamais fait de test de dépistage lorsque son cancer colorectal lui a été diagnostiqué en 2009. « Après des problèmes de transit répétés, j’ai fini par consulter, se souvient Françoise. On m’a prescrit une coloscopie, que j’ai tardé à faire et lorsque le diagnostic a enfin été posé, la tumeur était déjà bien installée. Et là, c’est comme si vous vous preniez un bus sur la tête ».

Pour beaucoup, l’idée de se soumettre à un dépistage du cancer colorectal est encore difficile, rapport à la zone intime qu’il concerne. D’ailleurs, jusqu’à ce jour de 2009, « je ne m’étais jamais souciée du cancer colorectal, confie Françoise. On sait que ce cancer existe, mais tant qu’on n’y est pas confronté soi-même ou dans son entourage, on ne se sent pas concerné parce qu’on n’a pas envie de se sentir concerné par cette maladie qui est perçue comme taboue ».

Associer les professionnels de santé

Aujourd’hui guérie, Françoise regrette qu’à l’époque, elle n’ait pas été davantage poussée à consulter. « J’avais 55 ans quand le diagnostic a été posé, soit pile l’âge ciblé par les campagnes de prévention aujourd’hui, mais jamais mon médecin ne m’avait parlé de faire un test de dépistage du cancer colorectal », regrette Françoise.

« Le rôle des médecins traitants est primordial dans la prévention du cancer colorectal », confirme le Dr Viguier. Et désormais, « les choses évoluent progressivement, et les 17 millions de Français et de Françaises de plus de 55 ans reçoivent régulièrement un courrier les invitant à faire ce test de dépistage, gratuit, simple, à faire soi-même en une seule fois et à domicile », précise-t-il.

Pour Françoise, « s’il est important de dire qu’un dépistage précoce peut vous sauver la vie, c’est tout aussi capital de dire que plus la maladie est diagnostiquée et traitée tôt, plus cela évite des conséquences lourdes et irrémédiables sur votre santé et votre vie, souligne-t-elle. Parce qu’on peut vivre avec une poche, mais personne n’a envie de déféquer dans un sac, croyez-moi ».

Source : 20minutes.fr