Marisol Touraine veut lier la santé et le numérique

La ministre de la Santé a dévoilé lundi matin le plan « e-santé 2020 » visant à améliorer la prise en charge des patients et à développer l’innovation numérique.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a présenté lundi matin son plan « e-santé 2020 » depuis les locaux parisiens de BePatient, une start-up développant des programmes informatiques visant à accompagner les patients dans leurs soins. Objectifs de ce plan, encourager la coopération entre les entrepreneurs du numérique et le secteur de la santé mais aussi simplifier le quotidien des patients comme des personnels soignants. Un budget de 750 millions d’euros, inclut dans le plan d’investissement de 2 milliards d’euros présenté au printemps dernier , a été dégagé pour ce projet.

« Depuis 2012, je conduis une action résolue de soutien à l’innovation et à l’e-santé », a déclaré la ministre, mettant en avant ses actions déjà engagées pour développer la télémédecine et pour relancer le dossier médical partagé, sorte de carnet de santé en ligne promettant un meilleur suivi des patients. « Dès 2017, tous les citoyens pourront, s’ils le souhaitent, créer en quelques clics leur dossier médial partagé », a -t-elle annoncé.

Exploitation des données médicales

Mesure centrale du plan, la numérisation des informations médicales. La ministre souhaite ainsi « faciliter le partage d’informations de santé pour les rendre disponibles où il faut, quand il faut. » L’exploitation de ces données permettrait un suivi plus fluide et plus efficace des patients et harmoniserait les échanges entre usagers, personnels de santé et administrations.

A une échelle plus globale, ces données pourront être exploitées par le secteur de la recherche et par les pouvoirs publics. Pour encadrer la gestion et la sécurisation de ces données, Marisol Touraine a annoncé le lancement d’un « plan big data » à l’automne ainsi que la création d’une fonction d’administrateur des données de santé au sein de son ministère.

Des start-up dans les hôpitaux

Autre axe du plan « e-santé 2020 », l’encouragement de l’innovation. La ministre souhaite faciliter la coopération entre acteurs du numériques et professionnels de la santé, notamment en mettant à dispositions de locaux dans les centres hospitaliers pour les start-up. Ceci afin de développer la « médecine connectée ». Un domaine qui va de l’application mobile aidant à arrêter de fumer jusqu’à la production de prothèses par des imprimantes 3D. « Les dispositifs médicaux sont de plus en plus souvent connectés, comme les pacemakers, les glucomètres et bientôt les prothèses », a développé la ministre. Une simplification de la réglementation et des moyens de financement est également évoquée, sans plus de détails.

Pour définir plus précisément ce plan « e-santé 2020 », un conseil stratégique sera crée à l’automne 2016, a annoncé Marisol Touraine. Placé sous la tutelle du ministère de la Santé, il regroupera des représentants des professionnels de santé, des usagers et des industriels et des institutions publiques.

Source : lesechos.fr