Manque de moyens, urgences saturées, lits insuffisants… Les directeurs d’hôpitaux publics interpellent les candidats à l’élection présidentielle

La Fédération hospitalière de France présente vendredi une cinquantaine de propositions à destination des candidats à la présidentielle. franceinfo vous les révèle.

L’hôpital est à bout de souffle, en « burn-out », explique depuis des années le personnel hospitalier. Ce n’est pas nouveau, mais aujourd’hui, ce sont les directeurs d’hôpitaux eux-mêmes qui pointent le manque de moyens dans leurs établissements et décident de prendre les choses en main. La Fédération hospitalière de France (FHF) fait 50 propositions pour remettre l’hôpital à sa juste place et le sortir de la crise, vendredi 3 février. Ces propositions que franceinfo vous révèle vont être envoyées aux candidats à l’élection présidentielle. Les directeurs veulent notamment que les efforts soient mieux partagés avec les médecins et les cliniques.

Ces propositions sont un cri de détresse des directeurs d’hôpitaux. Ils ne veulent plus être les seuls à supporter le coût des gardes et des urgences. Les hôpitaux assurent 90% des gardes actuellement, ils demandent donc que les médecins libéraux et les cliniques prennent en charge davantage de gardes.

« Plus 10% de fréquentation par an aux urgences »

« Les difficultés à trouver un médecin en ville, généraliste ou spécialiste, les difficultés d’accès à un cabinet de ville, font qu’on se retourne vers l’hôpital, explique Frédéric Valletoux, le président de la FHF. Mais l’hôpital n’est pas le lieu du premier recours ! Plus 10% de fréquentation par an aux urgences, c’est une aberration. »

Partager la charge des urgences avec les médecins libéraux et les cliniques suppose que les médecins libéraux soient mieux répartis sur le territoire. La FHF propose donc de ne plus conventionner les médecins qui décideraient de s’installer dans des zones déjà bien dotées, une façon de les obliger à s’installer dans les déserts médicaux.

« Il faudrait ne pas conventionner à l’assurance maladie un pédiatre qui viendrait s’installer dans une ville où il y a déjà suffisamment de pédiatres, décrit Frédéric Valletoux. Il y a la liberté d’installation, s’il veut s’installer-là, pourquoi pas. Mais en revanche, ce n’est plus à la solidarité nationale de payer un dixième pédiatre dans une ville qui est déjà bien dotée. »

Ces directeurs d’hôpitaux s’attaquent également aux cliniques : ils demandent que l’assurance maladie ne rembourse plus les soins inutiles, de confort, qui représentent 20% des soins, selon un rapport de l’OCDE.

Les hôpitaux demandent aussi plus d’autonomie, plus de souplesse et moins de normes. Ils ont réussi à réaliser trois milliards d’euros d’économies en trois ans. Ils expliquent qu’ils ne peuvent pas faire, et ils demandent une meilleure répartition des financements.

Source : francetvinfo.fr