La maladie de Parkinson : auto-immune ?

La maladie de Parkinson est une pathologie neurodégénérative caractérisée par la destruction de certains neurones. En France, plus de 100 000 personnes sont concernées et près de 8 000 nouveaux cas se déclarent chaque année. L’hypothèse d’une origine auto-immune est confirmée par une étude américaine.

L’implication de l’alphasynucléine dans la maladie de Parkinson

L’hypothèse d’une origine auto-immune dans la maladie de Parkinson n’est pas nouvelle. Cependant, jusqu’à présent personne n’avait réussi à le démontrer scientifiquement. C’est chose faite, maintenant, par les scientifiques de l’Université de Columbia (New York) et de l’Institut La Jolla (Californie).

Pour démontrer l’implication d’un mécanisme auto-immun dans la maladie de Parkinson, les chercheurs ont réalisé une étude sur des échantillons sanguins de près de 103 personnes. 67 étaient atteints de la pathologie et 36 étaient des sujets dits contrôles (c’est-à-dire non malades). L’ensemble des échantillons a été exposé à des protéines présentes dans les neurones (dont l’alphasynucléine) afin d’analyser quels fragments déclenchent une réponse.

L’alphasynucléine est une protéine présente en abondance dans le cerveau, et particulièrement au niveau de l’extrémité des neurones. Son rôle est depuis longtemps soupçonné dans la dégénérescence neuronale. Des études antérieures avaient, par ailleurs, montré que lorsque la protéine s’accumulait, elle devenait toxique pour les neurones. De plus, des chercheurs français ont déjà établi qu’elle était responsable de la maladie chez l’animal. En effet, l’injection d’alphasynucléine anormalement agrégée, prélevée sur des malades décédés ayant fait don de leur corps à la science, provoque chez la souris l’apparition des premiers signes de la maladie de Parkinson dans les 4 mois suivant l’injection et chez les macaques dans les 14 mois.

Une origine auto-immune dévoilée

En 2014, la même équipe de chercheurs avait démontré que les neurones impliqués dans la maladie de Parkinson étaient plus vulnérables chez les malades que chez les non-malades. En effet, les neurones d’une personne atteinte de Parkinson possèdent à leur surface des protéines ciblées par les cellules du système immunitaire. Ces neurones sont alors reconnus comme des « substances étrangères » par le système immunitaire en charge de les éliminer.

Ainsi, les résultats de l’étude américaine récente rapportent une faible activité auto-immune pour les échantillons sanguins issue des sujets dits contrôles, tandis qu’une forte activité des cellules immunitaires est observée pour les échantillons issus des personnes malades.

Selon le Professeur en charge de l’étude, l’auto-immunité interviendrait lorsque les neurones, pour diverses raisons (âges, maladies, etc.), ne sont plus capables d’éliminer l’alphasynucléine anormale. L’accumulation de cette protéine est alors perçue comme un pathogène qui doit être éliminé de l’organisme. Ce serait donc, à ce moment-là, lorsque le système immunitaire s’attaque à la protéine que la maladie de Parkinson débute et que les premiers symptômes apparaissent.

Source : sante-sur-le-net.com