Maladie d’Alzheimer : un test génétique prédit l’âge des premiers symptômes

Alors que plus de 200.000 personnes déclarent une maladie d’Alzheimer chaque année en France, il est difficile de distinguer en amont qui va être atteint, de qui ne va pas l’être. Des chercheurs ont développé une méthode prédictive basée sur l’âge et l’ADN afin d’estimer le risque individuel de déclarer la maladie, et l’âge auquel les premiers symptômes apparaîtront.

La maladie d’Alzheimer est une atteinte neurodégénérative à l’origine de beaucoup d’angoisse et de questionnements, car accompagnée de nombreuses zones d’ombre. Comment savoir si l’on va déclarer la maladie, et à quel âge ?

Afin d’apporter des réponses à ces questions, des chercheurs ont mis au point une méthode de prédiction permettant d’estimer le risque de déclarer une maladie d’Alzheimer, ainsi que l’âge d’apparition des premiers symptômes, en fonction de deux critères : le code génétique, et l’âge de la personne au moment du test.

Les résultats, publiés dans la revue scientifique Plos Medicine, sont basés sur des données collectées sur plusieurs milliers de patients. Les chercheurs ont en effet comparé l’ADN de plus de 17.000 personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, à celles de plus de 37.000 témoins non malades. Cela leur a permis de détecter des petites variations génétiques potentiellement associées à un risque accru de développer une maladie d’Alzheimer. Après vérification sur un autre groupe de patients (environ 6.400 patients Alzheimer et 9.400 témoins sains), ils ont confirmé l’existence de 31 variations génétiques prédisposant à la maladie.

Des estimations pertinentes

C’est à partir de ces résultats que les chercheurs ont développé leur test prédictif, dont la pertinence a été confirmée dans une troisième cohorte de patients : l’âge auquel ces derniers ont développé la maladie s’est révélé être très proche de celui prédit par le test.

Par ailleurs, ce test permettrait également d’identifier, parmi les patients sans troubles cognitifs, lesquels présentent un risque élevé d’évoluer vers une maladie d’Alzheimer, de ceux qui vieilliront probablement sans développer d’altérations cognitives majeures.

Les gènes… mais aussi le mode de vie !

Toutefois, les prédispositions génétiques ne représentent qu’une partie des facteurs influençant l’âge de début de la maladie. Une alimentation équilibrée, la pratique d’un sport, le maintien d’une activité sociale et culturelle, peuvent en effet contribuer à retarder l’âge d’apparition des premiers symptômes. Ces paramètres ne sont pour l’instant pas pris en compte dans le test prédictif.

Selon les estimations, un quart des Français de plus de 65 ans sera touché par la maladie d’Alzheimer en 2020.

Cette maladie est caractérisée par une mort neuronale importante et une accumulation anormale de certaines protéines dans le cerveau. Sur le plan clinique, les patients présentent des problèmes de mémoire et des troubles du comportement, qui s’aggravent avec le temps.

Le développement de méthodes diagnostiques précoces est essentiel pour agir suffisamment tôt sur la santé des neurones et ainsi prévenir, ou du moins retarder, l’apparition des premiers symptômes.

Source : francetvinfo.fr