Lutte anti-tabac: les substituts nicotiniques à la loupe

Bien qu’attaqués par la cigarette électronique, les substituts nicotiniques voient leurs ventes repartir à la hausse: +14,5% en 2015. Comment peuvent-ils réduire la consommation de cigarettes? Le point sur un marché qui reprend son souffle.

La cigarette et la nicotine qu’elle libère d’un coup créent, pour simplifier, une surexposition de petits récepteurs dans le cerveau, qui sont trompés par la nicotine. Ces stimulations entraînent la libération de dopamine, une des hormones du plaisir. Ça y est, en bon petit soldat, le cerveau du fumeur a associé logiquement la nicotine à cette sensation de plaisir, aussi fugace soit-elle. Résultat, il en redemande. Plus le fumeur consomme de cigarettes, plus le cerveau pousse à fumer pour satisfaire les petits récepteurs, à qui une petite dose de nicotine ne suffit plus. C’est le cercle vicieux de la dépendance.

Comment ça marche
C’est là qu’interviennent les substituts. Qu’ils soient oraux ou transdermiques, les patchs, ils diffusent des doses de nicotine plus régulièrement qu’une cigarette, réduisant ainsi l’effet « shoot » tant recherché par les fumeurs dépendants.

Au bout d’un mois de traitement, si les prescriptions sont respectées, la sensation de manque est censée diminuer. Au deuxième ou troisième mois, quand les prises commencent à s’espacer, les récepteurs de la nicotine dans le cerveau retrouvent peu à peu leur fonctionnement normal. Le fumeur a moins envie de fumer.

En théorie, à terme, la tension baisse, les effets vaso-constricteurs induits par l’absorption de nicotine diminuent, la circulation sanguine se fait mieux dans les extrémités. Bien prescrits, les substituts nicotiniques accroissent les chances d’arrêt et diminuent les effets indésirables du sevrage. Mais attention, le produit miracle n’existe pas. Sans accompagnement, les rechutes sont nombreuses.

Un marché bousculé
Apparus dans les années 80, les substituts nicotiniques ont connu une croissance exponentielle jusqu’au début des années 2000, avant de reculer à partir de 2012.

En 2015, ce sont tout de même quelque 2 millions de patients a qui ont été prescrits des substituts nicotiniques (source : Office Français des Drogues et des Toxicomanies).

Face au succès de la cigarette électronique, dont le marché dépassait les 100 millions d’euros dès 2013, les patchs ont vu leurs vente baisser, alors que les formes orales (gommes à mâcher et comprimés à sucer) ont réussi à résister. Aujourd’hui, les patchs ne représentent plus qu’un tiers des ventes, alors qu’ils pesaient presque 80% du marché au début des années 2000.

Les laboratoires qui fabriquent et commercialisent les substituts serrent les dents. Au contraire des gommes, comprimés, timbres transdermiques (patchs) et inhaleurs dont l’efficacité a été mesurée, l’e-cigarette n’est pourtant pas officiellement et médicalement considérée comme un substitut.

Source : lexpress.fr