L’Ordre des médecins présente son livre blanc pour sauver la médecine française

Son président présente ce mardi les propositions tirées de la vaste consultation lancée à l’automne à laquelle plus de 30.000 praticiens avait répondu. L’objectif est clair: revoir en profondeur l’organisation des soins dans l’Hexagone dont le système est, selon les intéressés, à bout de souffle.

Passer de la colère aux propositions. Le Conseil national de l’Ordre des médecins présente ce mardi ses propositions de réforme du système de santé. Son président, Patrick Bouet, a dévoilé les quatre grands axes du plan lors de ses vœux le 14 janvier: réorganiser les soins sur les territoires, briser le mur entre hôpital et médecine de ville, créer un véritable parcours de soins, et réformer la formation des médecins.

«Ces propositions ont vocation à alimenter un débat de qualité sur l’organisation des soins en France, a alors expliqué Patrick Bouet. Elles seront conçues pour transformer en profondeur un système qui, malgré toutes ses qualités, est aujourd’hui à bout de souffle.» À court terme, l’Ordre des médecins entend influer sur la grande conférence de santé organisée à Matignon le 11 février. Un événement qui s’annonce d’ailleurs tronqué par avance. En effet, tous les syndicats de médecins libéraux boycotteront cette journée et organiseront même un contre-rencontre entre eux.

À moyen terme, il s’agit surtout de faire passer les priorités des médecins auprès des états-majors qui préparent les primaires à droite -ou à gauche- et, au final, l’élection présidentielle. «Quelle que soit la majorité élue, 2018 sera l’année d’une nouvelle réforme de la santé, confiait Patrick Bouet au Figaro, fin octobre. C’est dans cette perspective que nous voulons faire entendre la voix des médecins et présenter des propositions concrètes.»

Regard sévère sur le système de santé

Le Conseil national de l’Ordre des médecins n’est pas parti de rien pour construire ses propositions. Il a mené, fin 2015, une très large consultation auprès de 35.000 médecins. Les conclusions n’étaient pas difficiles à tirer: les médecins, sur le terrain, sont exaspérés. 55 % d’entre eux sont pessimistes quant à leur propre avenir professionnel, 74 % le sont pour la profession de médecin. En réalité, ils portent un regard sévère sur l’évolution du système de santé. En effet, 82 % estiment qu’il s’est détérioré ces dix dernières années.

Les médecins estiment aussi qu’ils perdent trop de temps en paperasserie. Presque la totalité des praticiens trouvent qu’ils croulent sous les contraintes réglementaires, économiques et administratives. «Un tiers du temps de travail des médecins est absorbé par des tâches administratives et des réunions, observait Patrick Bouet, en rendant compte des résultats de cette consultation. Retrouver du temps médical est donc la priorité.» Sur ce plan, la censure la semaine dernière d’une partie de la généralisation du tiers payant par le Conseil constitutionnel devrait rassurer un peu les professionnels. Ces derniers craignaient en effet que la mesure phare de la loi santé de Marisol Touraine ne complexifie leur travail administratif.

Source : lefigaro.fr