Longévité humaine : « Il faut dissocier longueur de vie et qualité de vie »

La doyenne de l’humanité, Emma Morano, fête mardi 29 novembre ses 117 ans. Pour, Christophe de Jaeger, spécialiste du vieillissement, il faut « dissocier longueur de vie et qualité de vie ».

Emma Morano, doyenne de l’humanité, fête mardi 29 novembre ses 117 ans dans son petit appartement à Verbania, dans le nord de l’Italie. La Française Jeanne Calmant, décédée en 1997 à l’âge de 122 ans, 5 mois et 14 jours, est l’humain ayant vécu le plus longtemps, dont la date de naissance est certifiée. Christophe de Jaeger, spécialiste du vieillissement et président de la société française de médecine et de physiologie de la longévité

franceinfo : Peut-on repousser encore les limites du vieillissement ?

Christophe de Jaeger : Il y a de plus en plus de centenaires, mais il faut être capable de dissocier la longueur de la vie et la qualité de la vie. Quand on est dépendant et qu’on vit isolé, est-ce que ça vaut la peine ou pas ? Très souvent, les personnes que nous rencontrons nous disent : « Si c’est pour vivre comme Jeanne Calment, ca ne m’intéresse pas ».

Etre centenaire ne fait pas toujours envie en raison de la dégénérescence du cerveau et du corps…

Ce qui est important pour bien vivre et longtemps, c’est de rester actif dans sa tête et d’avoir des projets. C’est de combattre. A partir de là, on est tous différents. Beaucoup de gens pensent qu’on est prisonniers de nos gênes. C’est complètement faux. On a des moyens d’intervenir à travers des choses très simples. C’est vrai que la nourriture joue, c’est vrai que l’exercice physique joue, que la gestion du stress joue, mais il n’y a pas que ça.

Les progrès de la médecine permettent de se projeter dans l’avenir. Pourra-t-on intervenir à l’avance et éviter des maladies ?

C’est ce qu’on appelle « la médecine prédictive ». En regardant, aujourd’hui, l’état dans lequel nous sommes physiologiquement on va voir vers quoi on évolue dans 5 ans, 10 ans. C’est ce qu’on appelle « la médecine prédictive ». L’intérêt c’est que chacun soit conscient de ce qu’il se passe dans son corps et qu’il puisse intervenir avant même le problème. Cela permet aussi d’avoir des messages plus adaptés à chaque personne, en termes de santé publique.

Source : francetvinfo.fr