L’OMS fait état de progrès sans précédent contre les maladies tropicales négligées

L’OMS fait état de succès remarquables dans la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) depuis 2007. On estime à 1 milliard le nombre de personnes ayant pu avoir un traitement rien qu’en 2015.

«L’OMS a observé des progrès records pour faire plier d’anciens fléaux comme la maladie du sommeil ou l’éléphantiasis», déclare le Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan. «Ces 10 dernières années, des millions de personnes ont échappé au handicap et à la pauvreté, grâce à l’un des partenariats mondiaux les plus efficaces de la santé publique moderne.»

Le rapport de l’OMS, intitulé: Integrating neglected tropical diseases in global health and development [Intégrer les maladies tropicales négligées dans la santé mondiale et le développement] démontre comment un solide appui politique, des dons généreux de médicaments et l’amélioration des conditions de vie ont permis une expansion soutenue des programmes de lutte contre les maladies dans les pays où elles ont la plus forte prévalence.

Depuis 2007, lorsqu’un groupe de partenaires mondiaux se sont réunis pour combattre ensemble ces maladies, divers partenaires locaux et internationaux ont travaillé au côté des ministères de la santé des pays d’endémie pour délivrer des médicaments de qualité garantie et assurer aux populations les soins et la prise en charge sur le long terme.

En 2012, les partenaires se sont accordés sur la feuille de route OMS-MTN, s’engageant à fournir une aide et des ressources supplémentaires pour éliminer 10 des maladies tropicales négligées les plus courantes.

Principales réalisations

  • 1 milliard de personnes traitées pour au moins une maladie tropicale négligée rien qu’en 2015;
  • 556 millions de personnes ont bénéficié d’un traitement préventif pour la filariose lymphatique (éléphantiasis);
  • plus de 114 millions de personnes ont été traitées contre l’onchocercose (cécité des rivières): 62% de celles qui en ont besoin;
  • seulement 25 cas humains de dracunculose notifiés en 2016, ce qui met l’éradication de cette maladie à notre portée;
  • le nombre des cas de trypanosomiase africaine (maladie du sommeil) a été ramené de 37 000 nouveaux cas en 1999 à bien moins de 3000 en 2015;
  • le trachome – principale cause infectieuse de cécité dans le monde – a été éliminé des problèmes de santé publique à Oman, au Maroc et au Mexique. Plus de 185 000 patients ont eu une opération chirurgicale du trichiasis et plus de 56 millions de personnes ont reçu des antibiotiques rien qu’en 2015;
  • leishmaniose viscérale: en 2015, la cible de l’élimination a été atteinte dans 82% des sous districts en Inde, 97% des sous districts au Bangladesh et 100% des districts au Népal;
  • la Région des Amériques n’a enregistré que 12 décès humains dus à la rage en 2015, ce qui l’a amenée près de sa cible d’éliminer la rage chez l’être humain en 2015 au plus tard.

Le rapport insiste cependant sur la nécessité d’intensifier encore les actions dans d’autres domaines.

«De nouvelles avancées dans la lutte contre les maladies tropicales négligées dépendront de progrès plus généraux vers les objectifs de développement durable», a reconnu le Dr Dirk Engels, Directeur du Département Lutte contre les maladies tropicales négligées.

Il sera crucial d’atteindre les cibles mondiales en matière d’eau et d’assainissement. L’OMS estime que 2,4 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à des installations d’assainissement de base, comme des toilettes ou des latrines, tandis que 660 millions continuent de boire de l’eau provenant de sources «non améliorées», eaux de surface, par exemple.

Entre temps, les inquiétudes mondiales sur les flambées récentes de maladie à virus Zika et ses complications ont stimulé de nouveau les efforts pour améliorer la lutte antivectorielle. En mai de cette année, l’Assemblée mondiale de la Santé étudiera des propositions pour une nouvelle action mondiale pour lutter contre les vecteurs. Il y a aussi de meilleures perspectives pour donner la priorité à la collaboration intersectorielle et promouvoir la santé vétérinaire.

Réunion mondiale des partenaires

Le rapport Integrating neglected tropical diseases in global health and developmentest présenté à la Réunion mondiale des partenaires sur les maladies tropicales négligées (MTN) à Genève, le 19 avril 2017.

Cette réunion sera l’occasion de célébrer les efforts pour «Collaborer. Accélérer. Éliminer» et des ministres de la santé, des représentants de l’industrie, des partenaires et une pléiade de personnalités bien connues, dont des philanthropes, des donateurs et des parties prenantes, y participeront.

En plus de célébrer 10 ans de collaboration entre de multiples parties prenantes, l’événement marquera le cinquième anniversaire de la feuille de route OMS-MTN qui a fixé des cibles et des jalons pour la lutte mondiale, l’élimination et l’éradication de nombre de ces maladies, ainsi que celui de la Déclaration de Londres.

Note aux rédactions

Les maladies tropicales négligées aveuglent, mutilent, défigurent et affaiblissent des centaines de millions de personnes dans les bidonvilles et les parties les plus pauvres du monde.

Ayant autrefois une prévalence étendue, ces maladies sont désormais limitées aux régions tropicales et subtropicales où l’eau est insalubre, l’hygiène et l’assainissement insuffisants et les conditions de logement mauvaises. Les pauvres vivant dans des zones isolées, rurales, des bidonvilles ou des zones de conflit sont les plus exposés.

Plus de 70% des pays et territoires signalant la présence de MTN sont des économies à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure.

Brève description des maladies tropicales négligées

Dengue: maladie virale transmise par les moustiques à l’origine d’un syndrome de type grippal. À l’occasion, une complication mortelle appelée dengue sévère peut se développer.

Rage: maladie virale transmise à l’être humain par les morsures de chiens infectés. Elle est toujours mortelle à partir du moment où les symptômes se manifestent.

Trachome: infection transmise par contact direct avec des écoulements de l’œil ou du nez. Il provoque des opacités cornéennes irréversibles et la cécité.

Ulcère de Buruli: infection cutanée débilitante provoquant une destruction sévère de la peau, des os et des tissus mous.

Pian: infection bactérienne chronique affectant principalement la peau et les os.

Lèpre: elle est due à une infection touchant principalement la peau, les nerfs périphériques, les muqueuses des voies respiratoires supérieures et les yeux.

Maladie de Chagas: i nfection transmise par le contact avec des insectes vecteurs, l’ingestion de denrées alimentaires contaminées, la transfusion de sang infecté, la voie congénitale, les transplantations d’organes ou lors d’accidents dans les laboratoires.

Trypanosomiase humaine africaine (maladie du sommeil): parasitose transmise par les piqûres de mouches tsé-tsé. Elle est mortelle pratiquement à 100% en l’absence d’un diagnostic et d’un traitement rapides.

Leishmanioses: transmises par les piqûres des femelles infectées de phlébotomes. Sous sa forme la plus sévère (viscérale), elle attaque les organes internes. La forme ayant la plus grande prévalence (la forme cutanée) provoque des ulcères du visage, des cicatrices défigurantes et des incapacités.

Taeniasis et neurocysticercose: infestation des intestins humains par des ténias adultes; la cysticercose survient lorsque l’être humain ingère des œufs de ténias qui se transforment en larves dans les tissus.

Dracunculose (maladie du ver de Guinée): infection par un nématode transmise par l’eau de boisson contaminée par de petits crustacés parasités.

Échinococcose: infection due aux stades larvaires de ténias formant des kystes pathogènes. Elle se transmet à l’homme par l’ingestion des œufs éliminés dans les déjections des chiens et des animaux sauvages.

Trématodoses d’origine alimentaire: elles sont contractées par la consommation de poissons, de légumes et de crustacés contaminés par des parasites à l’état larvaire.

Filariose lymphatique: infection transmise par les moustiques et provoquant une augmentation anormale du volume des membres et des organes génitaux due à la présence de filaires adultes qui s’installent et se reproduisent dans le système lymphatique.

Mycétome: infection cutanée bactérienne ou fongique, débilitante et incapacitante que l’on pense provoquée par l’inoculation d’un champignon ou d’une bactérie dans le tissu sous cutané.

Onchocercose (cécité des rivières) : parasitose oculaire et cutanée, transmise par la piqûre de simulies infectées. Elle provoque un prurit sévère et des lésions oculaires, aboutissant à une déficience visuelle puis à une cécité définitive.

Schistosomiase: infestation par un ver parasite. La transmission se produit lorsque les larves libérées par des gastéropodes dans l’eau douce pénètrent dans l’organisme humain lors du contact avec des eaux contaminées.

Géohelminthiases: groupe d’helminthiases intestinales transmises par des sols contaminés par des excréments humains.

Source: who.int