Loi travail : une nouvelle semaine tendue

Mardi, le Sénat doit voter une version du projet de loi travail durci par la droite, tandis que les syndicats opposés à la réforme ont lancé un onzième appel à manifester partout en France.

Nouvelle semaine sociale à fort enjeu, dans un climat tendu. La journée de mardi s’annonce particulièrement intense: le Sénat doit voter en première lecture une version du projet de loi travail rendue plus libérale, tandis que les syndicats opposés à la réforme ont lancé un onzième appel à manifester partout en France.
Le projet de loi El Khomri a été sérieusement durci par la droite pendant son examen au Sénat, où elle est majoritaire. Ses responsables n’ont pas caché que cette version pourrait servir de socle à un nouveau texte en cas d’alternance politique. La Haute Assemblée a fait sauter le verrou de la durée légale à 35 heures, supprimé le seuil minimum de 24 heures pour le temps partiel et la généralisation de la Garantie jeune. Les sénateurs ont aussi en partie vidé de sa substance le compte personnel d’activité et rétabli le plafonnement des indemnités prud’homales. Cette mouture sénatoriale devrait toutefois être détricotée par les députés en deuxième lecture, à partir du 5 juillet.

«Jusqu’au bout»

Quoi qu’il en soit, les syndicats opposés à la loi travail continuent à exiger son retrait. Ils espèrent que les grèves et manifestations prévues mardi feront fléchir François Hollande et Manuel Valls, qui veulent aller «jusqu’au bout». Le parcours du défilé à Paris reste en suspens. Le précédent, le 23 juin, avait failli être annulé, après les violences du 14 juin, avant d’être cantonné autour de Bastille. Les syndicats comptent aussi remettre mardi à l’Élysée les résultats d’une votation citoyenne.

Dans ce contexte de blocage, l’ambiance est délétère. Le siège de la CGT a été vandalisé dans la nuit de vendredi à samedi, après celui de la CFDT, qui soutient la loi travail, la veille. «Ça fait un moment que le climat est malsain», a reconnu Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, organisation dont Manuel Valls avait critiqué l’ambiguïté face aux casseurs.

De son côté, Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a indiqué que depuis quelques semaines ses militants sont «inquiétés» et «insultés», dans les entreprises tandis que des locaux du syndicat en province ont été «envahis» ou «dégradés».

Source : lefigaro.fr