Loi El Khomri : les cadres sceptiques

Pour 62% des cadres interrogés, la réforme du droit du travail n’aura « pas d’impact positif sur l’activité » à l’échelle macroéconomique, selon un sondage Viavoice pour HEC.

Des jeunes, des employés et des ouvriers sont dans la rue contre la loi Travail . Qu’en est-il des cadres ? Ils semblent qu’ils fassent part d’un grand scepticisme concernant la future loi portée par la ministre Myriam El Khomri, la plupart estimant qu’elle n’aura pas d’effet sur l’économie et l’emploi, mais affichent par ailleurs un regain de confiance dans la conjoncture, selon un sondage Viavoice pour HEC, Le Figaro et France Inter publié lundi.

Pour 62% des cadres interrogés, la réforme du droit du travail n’aura « pas d’impact positif sur l’activité » à l’échelle macroéconomique, tandis que 66% d’entre eux pensent qu’elle « ne favorisera pas la création d’emplois en France », détaille cette étude.

Ils doutent encore plus de ses effets au niveau microéconomique: pour 75% des cadres du secteur privé, la loi El Khomri n’aura pas d’impact sur l’économie de leur propre entreprise, ni sur l’emploi à cette échelle pour 78% d’entre eux.

Le jugement sur le texte est contrasté: 45% estiment qu’il « va trop loin en remettant trop en cause le droit des salariés », 26% au contraire qu’il « ne va pas assez loin et ne permettra pas vraiment d’assouplir le code du travail ». Seuls 15% considèrent le texte « équilibré ».

Regain de confiance

Malgré ces doutes, le moral des cadres est nettement remonté le mois dernier: l’indice global, utilisé par l’institut Viavoice à partir d’un panel récurrent de questions, a bondi de 8 points, passant de -35 en février à -27 en mars. « L’indice retrouve un niveau qu’il n’avait pas connu depuis début 2011 », relève Viavoice.

Cette amélioration s’explique par un « regain de confiance en matière de conjoncture et d’emploi ». Ainsi, 46% des cadres pensent que le nombre de chômeurs va augmenter, contre 62% en février. Ils sont également un peu moins nombreux à croire que le niveau de vie des Français va se dégrader (42% contre 47%), de même que leur situation financière personnelle (30% contre 33%).
Sondage réalisé en ligne du 18 au 22 mars auprès d’un échantillon représentatif de 400 cadres selon la méthode des quotas appliquée aux critères suivants: sexe, âge, statut d’activité (salariés du secteur public ou du secteur privé).

Source : lesechos.fr