Loi El Khomri : la semaine de tous les dangers

L’Assemblée nationale reprend ce lundi l’examen de la réforme portée par Myriam El Khomri. La majorité pour ce texte est incertaine. Valls n’exclut pas le recours au 49-3

Le gouvernement n’est toujours pas certain d’avoir la majorité lors du vote en première lecture, le 17 mai prochain, du projet de loi travail. Il doit donc envisager tous les scénarios… Selon l’agenda du rapporteur du texte, le député Christophe Sirugue, une réunion s’est tenue dimanche soir à l’Élysée autour du président de la République. Le premier ministre et la ministre du Travail y ont participé également. «Une simple réunion technique», démine l’entourage de la Ministre.

Au cœur de la discussion, les amendements sur les sujets qui provoquent le plus de grogne (la primauté des accords d’entreprises sur les accords de branches et la définition du licenciement économique, notamment). Et la décision, de passer ou non en force. Vendredi sur Public Sénat, le premier ministre, Manuel Valls – tout en affirmant sa volonté de «convaincre la majorité» -, n’a pas écarté la possibilité de recourir à l’article 49-3 de la Constitution – qui permet l’adoption d’un texte sans vote. Il faut dire qu’une partie de la gauche, la CGT, FO ou encore l’Unef ne semblent pas vouloir lâcher le moindre centimètre au gouvernement.

Myriam El Khomri jette pourtant toutes ses forces dans la bataille pour défendre le texte controversé: «Qui peut sincèrement craindre une loi qui donne plus de place et de moyens aux syndicats? Une loi qui améliore les capacités d’anticipation de nos entreprises? Une loi qui renforce la protection sociale de nos concitoyens? On peut toujours ignorer les enjeux actuels, utiliser les termes les plus outranciers, ou opter pour une logique de blocage qui est le contraire d’un dialogue sincère», a écrit ce week-end la ministre du Travail dans une tribune publiée dans Ouest-France. «L’heure du choix a sonné», tonne-t-elle, avant le début de l’examen des 5000 amendements déposés…

La peste ou le choléra

Le 49-3, c’est un peu comme si le couple exécutif devait choisir entre la peste et le choléra. D’un côté, le rejet du texte serait un échec cuisant pour Hollande et Valls ; après l’abandon de la déchéance de nationalité, et à moins d’un an de la présidentielle, ce serait un signal flagrant d’impuissance à réformer… De l’autre, le passage en force risque à coup sûr de leur être reproché par les détracteurs du texte ; et l’opposition ne manquera pas d’en faire ses choux gras. Plus de sept Français sur dix trouveraient «choquant» que le gouvernement utilise l’arme du 49-3 pour faire adopter le projet de loi travail, selon un sondage Odoxa.

Les syndicats contestataires ont, de leur côté, déjà annoncé une nouvelle journée de manifestations et de grèves le 12 mai, date de fin des débats à l’Assemblée nationale.

Source : lefigaro.fr