Logement social à Paris : 80 % des classes moyennes échapperont à la hausse des surloyers

Quatre mille familles des classes moyennes logées dans le parc social de la Ville seront exonérées d’une hausse d’environ 100 € du supplément de loyer de solidarité (SLS), perçu lorsque les revenus dépassent les plafonds. Ainsi en a décidé le Conseil de Paris ce mercredi qui, au nom de la mixité sociale, a voté une modification de son Programme local de l’habitat (PLH) pour ne pas avoir à appliquer dans tous les quartiers, la loi Egalité et Citoyenneté (2016) imposant cette majoration.

Aujourd’hui à Paris, 9 144 ménages s’acquittent d’un surloyer pour un montant moyen de 236 €. Parmi ces familles, 5 000 étaient potentiellement concernées par la hausse du supplément de loyer qui aurait été porté au 1er janvier 2017, conformément à la loi, à près de 350 €. Grâce à la délibération votée au Conseil, un millier de ménages seulement habitant dans des zones comptant moins de 19 % de logements sociaux, seront assujettis à l’augmentation du surloyer. Les 4 000 familles échappant à la majoration habitent principalement dans les XIIe, XIIIe, XIVe, XVe, XVIIe, XIXe et XXe arrondissements.

Adoptée grâce aux voix des socialistes, des communistes et des Républicains, cette mesure ne fait pas l’unanimité dans la majorité, les écologistes ayant voté contre. Coprésident du groupe écologiste, David Belliard a rappelé que « le niveau de déclenchement du surloyer pour une famille avec deux enfants est à 7 000 € de revenus. Il s’agit donc de foyers considérés comme aisés. Même avec un surloyer, qui favorise le renouvellement des locataires, les tarifs du parc social restent bien plus attractifs que ceux du privé ».

Le groupe UDI-MoDem s’est aussi prononcé contre, estimant que « la mixité sociale passe par l’autorisation des surloyers ». Première vice-présidente du groupe UDI-MoDem, Maud Gatel a déclaré : « Si le revenu dépasse le plafond, il est juste que les classes moyennes paient un surloyer. Ce dispositif les oblige à participer à une forme de solidarité et peut les inciter à quitter le parc social, ce qui permet une meilleure rotation des appartements ».

Défendant l’idée que « le logement social s’adresse évidemment aux plus fragiles mais aussi aux classes moyennes », Ian Brossat (PCF), adjoint au Logement, a défendu la mesure votée, estimant que l’application stricto sensu de la loi Egalité et citoyenneté « pénalisera lourdement des familles de la classe moyenne qui, si elles ne peuvent pas rester dans le parc social, risquent de devoir quitter la capitale ».

Source : leparisien.fr