Logement, comment en finir avec les « passoires énergétiques » ?

Le collectif « Rénovons ! », porté par la Fondation Abbé Pierre, propose un scénario pour lutter contre le fléau social que représente la précarité énergétique.

Seul un « grand plan » doté de 80 milliards d’euros d’ici à 2025 permettrait de rénover les 7,4 millions de logements privés considérés comme des « passoires énergétiques » en France, affirme une étude publiée mardi 21 février par le collectif « Rénovons ! ».

Les « passoires énergétiques » sont des logements très mal isolés, qui laissent passer le froid en hiver et la chaleur en été. Selon l’Observatoire national de la précarité énergétique, 5,8 millions de ménages sont concernés. « Il faut permettre aux ménages concernés de dépasser l’horizon d’avoir à choisir entre se nourrir et se chauffer », alerte Danyel Dubreuil, coordinateur de ce collectif.

Faire sortir de la précarité énergétique 2,5 millions de ménages d’ici à 2025

Le collectif « Rénovons », qui rassemble associations et entreprises (1), propose une feuille de route pour atteindre l’objectif ambitieux fixé par la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV). « Il faut un plan ambitieux de rénovation des logements les plus énergivores – à l’étiquette Énergie F ou G – pour y parvenir, souligne Danyel Dubreuil.

Faire sortir de la précarité énergétique 2,6 millions de ménages d’ici à 2025, soit plus de la moitié des ménages touchés, est à la fois « possible » et « rentable », disent-ils, à condition d’investir environ 80 milliards d’euros d’ici à 2025. Plus de la moitié de cette somme viendrait du secteur privé – les travaux réalisés par les propriétaires occupants ou bailleurs –, l’État apportant de son côté 4 milliards d’euros par an de 2017 à 2025, soit 36 milliards.

Pour les ménages les plus modestes, le reste à charge ne serait pas négligeable : 4 400 € sur 21 000 € de travaux, pour une famille avec deux enfants aux ressources inférieures à 16 500 € annuels. C’est plus du quart des revenus annuels de ce ménage, une dépense « compensée par l’économie sur les factures d’énergies au bout de 6 ans ».

Création d’emplois et économie d’énergie

Selon l’étude, cet investissement public sera « intégralement récupéré dès 2043 » grâce aux recettes fiscales et économies générées par l’activité et l’amélioration du niveau de vie des ménages. Ce plan permettrait de réaliser 3,5 milliards d’euros d’économies annuelles sur la facture énergétique des ménages, soit 512 € en moyenne par ménage et par an. Par ailleurs, le niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur résidentiel serait réduit de 12,5 % à partir de 2026.

En outre, 126 000 emplois nets seraient créés sur la période 2017-2025 tandis que 758 millions d’euros seraient économisés par an pour le système de soins, estime « Rénovons ! », s’appuyant sur une enquête réalisée en 2013 par la Fondation Abbé Pierre.

Source : la-croix.com