L’obésité bientôt reconnue comme maladie chronique ?

En décembre 2014, la Cour de justice de l’Union européenne tranche : l’obésité sévère peut être considérée comme un « handicap » si elle rend difficile la vie professionnelle de celui qui en souffre, et donc être invoquée dans des affaires de discrimination (article en lien ci-dessous). « Seule l’obésité morbide, la plus extrême, qui présente un IMC supérieur à 40, pourrait créer des limitations équivalente à un handicap », précisait-elle à l’époque.

Une maladie chronique ?

Est-ce pour autant une maladie ? Vaste débat qui alimente la controverse depuis des décennies… Et pourrait être enfin clos ? En 2017, dans un communiqué publié le 10 mai dans la revue Obesity Reviews, la Fédération mondiale de l’obésité (World obesity) confirme son soutien à la définition de l’obésité comme « maladie chronique », récidivante. Selon son comité scientifique, elle correspond en effet au modèle épidémiologique d’un processus de la maladie, sauf que l’agent pathologique est lié à l’alimentation plutôt qu’à un microbe. Des médecins établissent des parallèles avec les maladies chroniques en notant que l’ampleur de l’obésité et de ses effets indésirables peuvent se rapporter à la virulence ou la toxicité de l’environnement et  son interaction avec l’hôte.

Éliminer les maladies associées

« Accepter le concept que l’obésité est un processus de maladie chronique est importante pour plusieurs raisons », a déclaré l’un d’entre eux, le Dr Bray. « D’abord, il élimine le sentiment que les patients sont seuls responsables de leur excès de poids. Il concentre également l’attention sur les façons dont le processus de la maladie peut être combattu. Enfin, il montre que si l’on peut traiter avec succès l’obésité, beaucoup de ses maladies associées seront éliminées ».

Éviter la stigmatisation

Selon la fédération, cette reconnaissance pourrait permettre de réduire la stigmatisation – à ce titre, elle recommande aux journalistes, pour illustrer leur article, de piocher dans leur banque d’images et d’éviter ainsi de choisir des photos trop caricaturales ou stygmatisantes -, de changer le discours public empreint de culpabilisation et de peser sur certains régimes d’assurance qui limitent les prises en charge pour tous les troubles non reconnus officiellement comme maladies. Le 23 mai, a lieu chaque année la journée internationale de l’obésité.

Source: informations.handicap.fr