L’expérimentation « territoire zéro chômeur de longue durée » lancée à Pipriac et Saint-Ganton

Dès ce lundi, l’opération « Territoire zéro chômeur longue durée » est lancée sur les communes de Pipriac et Saint-Ganton, en Ille-et-Vilaine. Ce dispositif, issu de l’initiative de plusieurs associations, vise à tester pour cinq ans l’embauche en CDI de personnes sans emploi depuis plus d’un an.

Ils sont dix en tout : dix territoires retenus en France pour l’expérimentation « zéro chômeur de longue durée » sont prêts à démarrer le dispositif. Dans notre région, les communes de Pipriac et de Saint-Ganton, en Ille-et-Vilaine, sont concernées par cette initiative, portée notamment par l’association ATD Quart Monde. Son principe : pendant cinq ans, embaucher localement des personnes sans emploi depuis plus d’un an, sur des activités « utiles ». Ces emplois « manquants » seront financés en partie par la réaffectation des coûts liés à la privation durable d’emploi (comme le RSA, ou la CMU).

Un critère pour ces emplois : pas question de faire de concurrence aux entreprises déjà implantées, le projet vise des secteurs peu rentables. L’idée est qu’il vaut mieux payer un chômeur à travailler plutôt qu’à rester chez lui : selon les calculs d’ATD Quart Monde, le chômage de longue durée coûte au total à la collectivité 15.000 euros par an et par personne.

Pas d’entretien d’embauche, tout chômeur longue durée peut se lancer

A Pipriac, 7 chômeurs longue durée signent ce lundi un contrat avec TEZEA, entreprise créée par ATD quart monde. Ici, pas d’entretien d’embauche, tout chômeur longue durée peut se lancer. L’entreprise peut embaucher jusqu’à 70 personnes d’ici juillet.

« Il a fallu obtenir une loi d’expérimentation qui permettait de récupérer ce que coûte aujourd’hui le chômage de longue durée au pays dans son ensemble, entre 15 et 20.000 euros par personne par an, pour contribuer au financement de ces emplois. Pour nous, l’objectif, c’est de gagner environ 10.000 euros par temps plein par an », explique Denis Prost, salarié de l’association ATD Quart Monde. « Si tous ces travaux ne sont pas transformés en emploi, c’est parce qu’ils ne rapportent pas grand chose, donc ils n’intéressent pas les entreprises. Nous, si on récupère le coût du chômage de longue durée, on a besoin de gagner moins d’argent qu’une entreprise ordinaire, et on peut donc aller sur une entreprise très peu rentable. » « 

« On ne prend le travail de personne »

On parle de travaux dans les espaces naturels, de travaux de coursiers pour les garagistes, aller leur chercher des pièces, emmener les voitures aux contrôles techniques… On propose un service, on ne prend le travail de personne, on fait travailler des personnes en plus », assure Denis Prost.

« Un tremplin pour remettre le pied à l’étrier et reprendre une vie active »

Parmi les 7 salariés de TEZEA à signer leur contrat ce lundi, Karine et Lucie, impliqués dans le projet depuis un long moment. »Cela fait 8 ans que je n’ai pas travaillé », explique Lucie, « TEZEA est un tremplin pour moi, pour remettre le pied à l’étrier, reprendre un vie active ». « On est content de venir aux réunions, de préparer, on se sent utile », renchérit sa collègue.

Embauchés en CDI, les volontaires attendent une 2e loi.. pour sanctuariser cette expérience de 5 ans, et ne pas les casser dans leur élan. L’Etat a alloué une enveloppe totale de 14,9 millions d’euros pour cette expérimentation en France.

Source : francebleu.fr