L’espace de travail, nouveau levier stratégique d’engagement des employés.

Selon une étude Steelcase-Ipsos, menée dans 17 pays, la France serait la dernière du classement mondial de l’engagement au travail. Près de 57 % des collaborateurs seraient désengagés contre 37 % au niveau mondial.

Aux États-Unis, une enquête similaire a révélé qu’ils seraient près de 70 % ! Ces différentes études, centrées sur l’espace de travail comme motif de satisfaction des employés, démontrent le nouveau rôle que joue « le bureau » dans le bien-être au travail.

Avec l’émergence et la démocratisation des nouvelles technologies, il n’existe plus de freins à la transformation des lieux et des méthodes de travail tels qu’on les connaissait auparavant. En effet, accéder à l’information, en temps réel, se connecter sans contrainte de lieu, d’équipement, offre une réelle liberté aux employés. La place de la France témoigne d’ailleurs de l’existence des modes de travail encore trop traditionnels et le manque de choix des environnements de travail. Il est donc légitime de s’interroger sur ce nouvel état des faits pour savoir comment les entreprises doivent modifier leur culture pour y faire face.

Les règles d’engagement

Contrairement à ce que certains pensent, l’implication des salariés est une question essentielle pour le développement d’une entreprise. Cela est d’autant plus vrai quand elle veut recruter et garder ses talents. Les collaborateurs satisfaits sont très souvent enthousiastes, actifs et entreprenants. Au contraire, les désengagés peuvent coûter cher, notamment dans le ralentissement des projets et avec leur influence négative auprès des autres.

Les entreprises qui arriveront à se transformer pour satisfaire leurs employés seront en mesure de recruter et de garder les meilleurs talents, car elles offriront les types d’environnements qu’ils recherchent. Il ne s’agit pas seulement d’une lubie, car, on le sait, pour accroître leurs parts de marché et rester compétitives, les entreprises devront adapter leurs modèles.

Pour y parvenir, les outils technologiques restent un important levier, mais les collaborateurs ne vont pas les adopter simplement parce qu’ils fonctionnent bien ou qu’ils sont bien conçus. L’essentiel est ailleurs, ces instruments/dispositifs doivent surtout répondre aux besoins des utilisateurs et leur proposer ceux avec lesquels ils souhaitent travailler. Pour y parvenir, les entreprises doivent suivre trois règles fondamentales.

Adopter des modes/styles de travail diversifiés

Une nouvelle organisation de travail implique, bien souvent, de s’approprier les spécificités de différents modes de fonctionnement. Favoriser des liens significatifs au-delà des frontières géographiques et même psychologiques réduit de nombreuses frictions qui peuvent freiner l’épanouissement des collaborateurs.

Ces derniers veulent utiliser, sur leur lieu de travail, les mêmes applications et autres sites qu’ils ont dans leur vie personnelle. Les départements informatiques en sont d’ailleurs conscients et reconnaissent la valeur des solutions interactives et communautaires qui répondent aux besoins des utilisateurs et fournissent une réelle plus-value pour les entreprises. Donner aux employés la liberté de travailler de partout et à tout moment est donc plus qu’une tendance, c’est une nécessité.

Responsabiliser et impliquer les employés

Les start-ups sont connues pour leur modèle agile, basé sur une certaine transparence des process, et ce à tous les niveaux. Une fluidité qui permet aux collaborateurs d’interagir rapidement et facilement avec leur direction. Plus productifs, les employés sont également plus engagés dans l’entreprise et donc plus susceptibles d’y rester. Aujourd’hui, nombreuses sont les sociétés qui reconnaissent que ce processus peut constituer un avantage concurrentiel.

En impliquant ainsi leurs collaborateurs et en leur donnant les outils pour avancer dans leurs missions et atteindre leurs objectifs, ces entreprises se distingueront tôt au tard sur leurs marchés respectifs.
Faire participer les clients

Les entreprises friandes de nouvelles technologies pour communiquer et collaborer en interne voudront, à terme, également impliquer leurs clients. Cela est d’autant plus vrai que les avancées technologiques et l’accès à l’information ont modifié les relations fournisseurs/consommateurs. Le plus important n’est plus comment se définit l’organisation, mais plutôt comment elle est perçue par ses clients.

Pour cela, rien de mieux que de de discuter et d’interagir avec eux pour comprendre leurs enjeux et besoins. Pour y parvenir, la création de communautés en ligne est un excellent moyen de les informer des stratégies commerciales et renforcer ainsi leur fidélité à la marque. Une étude réalisée par IDC, en 2014, indiquait d’ailleurs que si, aujourd’hui, seulement 30 % des entreprises ont des communautés de clients actives, ce chiffre devrait atteindre les 80 % en 2017.

Il est essentiel donc que les dirigeants fassent attention aux attentes de leurs employés et qu’ils veillent à les impliquer dans la stratégie de l’entreprise. Pour cela, il ne faut pas hésiter à demander leur avis sur l’avenir de la société, ce qu’ils aimeraient changer, le tout pour qu’ils se sentent impliqués. Penser que la technologie suffira est un leurre, car l’humain doit, néanmoins, rester au centre de la réflexion.

La technologie permet le changement, mais c’est le pouvoir des gens et de la culture d’entreprise qui le guident. Donc, en un sens, la technologie nous ramène aux sources et à la façon dont nous fonctionnons comme êtres humains et adressons nos relations, nos connexions et nos idées pour atteindre nos objectifs.

Source : lesechos.fr