Les syndiqués participent moins aux activités de leur syndicat qu’il y a 30 ans

En 2013, plus de 50% des salariés syndiqués n’ont jamais, ou rarement, participé aux activités de leur syndicat, alors qu’ils n’étaient que 29% en 1983, montre une étude des services statistiques du ministère du Travail, publiée mardi.

Il y a quatre ans, 51,4% des salariés de 18 à 65 ans déclaraient n’avoir jamais participé aux activités de leurs syndicats au cours des douze mois précédents, se voyant comme « de simples adhérents », selon cette étude de la Dares (direction de l’animation de la recherche des études et des statistiques).

30,4% déclaraient s’y être impliqués de manière régulière, alors qu’au début des années 1980, près d’un syndiqué sur deux déclarait participer aux activités syndicales au moins une fois par mois (dont la moitié au moins une fois par semaine). Cette part s’était accrue au tournant des années 2000, à 59%, avec notamment la mise en oeuvre des 35 heures. Puis elle a progressivement baissé.

La Dares, qui rappelle qu’en 2013 seulement 11% des salariés de 18 à 65 ans adhéraient à une organisation syndicale, souligne que « la désaffection à l’égard des syndicats s’inscrit dans un contexte plus général d’affaiblissement de grandes +institutions d’engagement+ » (syndicats, partis politiques…).

Cependant, dans le cas des syndicats, « le modèle classique de l’engagement militant masculin, ouvrier et industriel, a été ébranlé par la forte transformation du tissu productif et du salariat », la Dares citant la privatisation des grandes entreprises, le développement de la sous-traitance, la financiarisation accrue de l’économie ou l’augmentation de la part des PME.

Autre enseignement de l’étude: les salariés syndiqués sont plus nombreux que les non syndiqués à adhérer à des associations sociales, caritatives, humanitaires (10% contre 5%): « la désaffection ou le désintérêt au regard des syndicats vont de pair avec une moindre implication dans les organisations mobilisées par d’autres causes collectives ».

En outre, faute de renouvellement générationnel, « bien que les syndiqués aient toujours été un peu plus âgés que l’ensemble des salariés, leur âge a augmenté plus vite que celui de ces derniers ». Ainsi, entre 1983 et 2013, la part des plus de 50 ans parmi les syndiqués a augmenté de 18 points contre une hausse de sept points pour l’ensemble des salariés.

« En dépit de leurs difficultés, les syndicats de salariés restent un acteur social important et la première institution de défense des droits ou d’intérêts collectifs en France en termes d’affiliés » (salariés ou retraités), « très loin devant les partis politiques, les groupements professionnels, les associations de protection de l’environnement », conclut la Dares.

Source : lexpress.fr