Les Pays de la Loire profitent d’une véritable embellie

Quelle année pour Saint-Nazaire ! Entre méga commandes de paquebots et livraisons de tronçons d’Airbus, l’activité est au beau fixe. Et dans la région Pays de la Loire, la filière des transports se met au diapason.

Heureux bassin d’emploi nazairien. Après des années de morosité, liées à la crise économique mondiale et en particulier à celle de la construction navale, une véritable embellie frappe la région.

« La demande est devenue exponentielle fin 2014, observe rétrospectivement Raynald Riou, conseiller Pôle Emploi. À l’époque, pour les embauches, l’industrie avait du mal à se projeter au-delà de six mois car l’activité ne faisait que se relancer. »

Deux locomotives

Aujourd’hui, la charge de travail est à la mesure des produits construits : colossale. Le chantier naval STX a dix ans de travail devant lui et quatorze paquebots à mettre à l’eau. « Notre carnet de commandes est très plein jusqu’en 2023 et plein jusqu’en 2026, se félicitait fin mai Laurent Castaing, le PDG, alors qu’il venait de prendre sa 9e commande de paquebot de 2016. Tous ces contrats vont fournir 100 millions d’heures de travail aux salariés et co-réalisateurs. »

L’industrie navale à Saint-Nazaire, c’est 2 600 salariés rien que pour STX, et à peu près autant chez les co-réalisateurs, indispensables pour la construction si complexe des paquebots géants. Le premier chantier naval civil français continue donc d’embaucher « 150 personnes par an » et estime les besoins sous-traitants à « environ 500 embauches. »

Fortement médiatisée lors du départ de l’Harmony of the Seas (plus gros paquebot au monde), l’industrie navale n’est pourtant pas la seule à proposer du travail dans le bassin.

L’avionneur Airbus est l’autre poids lourd avec 2 880 salariés sur son site de Gron et autant de sous-traitants à proximité. Il embauche en permanence : « 1 300 personnes en 5 ans dont 240 cette année », précise la direction.

Pourquoi ? Parce que le constructeur a 6 000 avions à livrer en dix ans sans compter les 280 commandes prises la semaine dernière au salon de Farnborough (Angleterre). Et Saint-Nazaire est présent sur chaque avion de la gamme. Rien qu’en 2016, 690 tronçons d’avions sortiront des grandes nefs du site de Montoir.

À ces géants industriels, on peut aussi ajouter General electric (ex-Alstom) dont l’usine neuve devra livrer 240 éoliennes offshore d’ici 2022 (300 emplois à terme) et des PME en plein développement qui profitent des compétences, des réseaux et des équipements industriels locaux (Geps techno, Espace, PSM…)

Ajusteurs, soudeurs et tuyauteurs

Pour tous ces industriels, vouloir embaucher est une chose, trouver les compétences en est une autre. Le bassin manque encore cruellement d’ajusteurs, de soudeurs et autres tuyauteurs.

Or, localement, les trois premiers bataillons de demandeurs d’emploi sont constitués de femmes de ménage, d’assistantes maternelles et de magasiniers… Il y a donc urgence à former. Pôle Emploi, la Région et les acteurs locaux sont sur la brèche depuis des mois mais les formations prennent du temps…

Conséquence, le chômage recule, mais doucement. Autour de Saint-Nazaire, le repli était de – 3,6 % en mai dernier (-3,3 % en Pays de la Loire) avec encore 7 300 personnes sans aucun travail.

Source : ouestfrance.fr