Les nouvelles pistes de l’Assurance maladie pour faire des économies

INFO LE FIGARO – Mieux maîtriser les prescriptions des médecins, lutter contre les abus des transporteurs sanitaires et prévenir certaines réhospitalisations figurent dans un nouveau rapport que la Caisse nationale d’assurance maladie doit remettre à la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Assurance maladie cherche mesures d’économies. Dans une première partie de son rapport annuel qu’elle remettra à la ministre de la Santé, dont Le Figaro a pu consulter une version provisoire, la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), cible quelques sources de gaspillage. «Les gains d’efficience à faire dans la prescription courante sont plus que jamais nécessaires pour financer l’innovation, écrit-elle. Toutes les analyses montrent que l’usage des produits de santé peut être optimisé.» Surtout, les recommandations officielles «ne sont pas toujours respectées». Enfin, «il est essentiel que les choix, y compris dans le domaine des dispositifs médicaux, soient guidés par le rapport coût-efficacité des traitements, au-delà de leur seule efficacité».
• Le grand écart des prescriptions d’examens biologiques
Tous les médecins n’ont pas la main aussi lourde en matière d’examens biologiques (prises de sang, etc.). Un quart des médecins prescrivent moins de 24 euros d’actes de biologie par patient en moyenne, tandis qu’un autre quart prescrit pour plus de 40 euros. Or, «ces disparités ne s’expliquent pas par des différences de patientèle», estime l’Assurance maladie. Surtout «on observe des multiplications d’actes dont la pertinence peut être discutée médicalement», ajoute-t-elle.
• Dépistage du diabète
Les médecins utilisent dans une large mesure des examens destinés au suivi de patients diabétiques pour dépister cette maladie chez des patients non atteints. Dix millions de Français ont subi ce test alors que le pays ne compte que 3,5 millions de diabétiques. Du gaspillage, juge la Sécu, car l’examen recommandé par défaut pour un simple dépistage coûte six fois moins cher. S’il était utilisé dans tous les cas recommandés, cela générerait une économie de 40 millions d’euros.
• Traitement du diabète

Les praticiens prescrivent trop souvent des médicaments coûteux de «troisième intention», avant même d’avoir utilisé les thérapeutiques classiques, regrette l’Assurance maladie. Ainsi, le Victoza, du laboratoire Novo Nordisk, est prescrit quatre fois sur dix hors des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS). Ce n’est pas le seul exemple et, au total, les économies générées par le respect des recommandations de la HAS généreraient pas moins de 142 millions d’euros.
• Fracture pour fragilité osseuse
Les patients souffrant d’ostéoporose (fragilité des os) encourent de grands risques de fracture. Ainsi, 165.000 Français de plus de 50 ans souffrant de cette pathologie ont été reçus à l’hôpital en 2013 à cause d’une fracture. C’est 10% de plus qu’il y a deux ans. Coût pour l’Assurance maladie: 1,1 milliard d’euros. Or, il y a parmi ces séjours beaucoup de réhospitalisations, à savoir 29 % des patients dans les six mois. Il faut donc améliorer le suivi des malades. «Il y a un enjeu de santé, mais aussi un enjeu économique à améliorer la prise en charge dans ce domaine», note l’Assurance maladie.
• Des abus de taxis
La part des taxis dans les dépenses de véhicules sanitaires n’a fait que croître ces dernières années. Or, le coût d’un trajet en taxi est en moyenne de 25% supérieur à celui d’un autre type de véhicule sanitaire (ambulance légère par exemple). Les sociétés d’ambulance qui font aussi taxi «peuvent donc optimiser leur chiffre d’affaires en fonction du type de trajet, en privilégiant les modes de prise en charge les plus rentables mais aussi les plus coûteux pour l’Assurance maladie», écrit cette dernière. Des actions ont été entreprises mais d’autres pourraient voir le jour.

Source : Le Figaro