Les négociations sur l’assurance-chômage se poursuivent

Pour trouver un terrain d’entente, le patronat a déjà revu sa copie à la marge. Le document remis lundi soir fait quelques concessions concernant les chômeurs âgés.

Si un compromis semblait fort possible lors de la reprise des négociations, les discussions sont loin d’être terminées. Les partenaires sociaux reprennent en effet leurs échanges sur la nouvelle convention sur l’assurance-chômage au siège de l’Unédic, dans le 12e arrondissement parisien, ce mardi matin. Malgré des points de crispation persistants, le patronat a amendé son projet d’accord.

Le document a été transmis lundi soir aux négociateurs sociaux. Dans ce texte, Medef, CPME, U2P adoucissent légèrement les efforts demandés aux chômeurs âgés et proposent que la durée maximale d’indemnisation passe à 27 mois dès 55 ans, puis à 30 mois à 56 ans, à 33 mois à 57 ans et à 36 mois à 59 ans. Afin de faire baisser le montant des allocations versées, qui représentait 1 milliard d’euros en 2015, le Medef proposait initialement de reporter l’accès à ces indemnités longues à 57 ans. Pour rappel, les plus de 50 ans représentent un quart des bénéficiaires de l’assurance-chômage.

Une proposition toujours «pas admissible» pour Force ouvrière. «Notre position est claire, on ne doit pas reculer l’âge d’entrée», a prévenu Michel Beaugas. La CFDT propose une solution intermédiaire, avec une entrée progressive dans la «filière seniors» entre 52 et 56 ans. Cette proposition permettrait 330 millions d’euros d’économies et toucherait 38.000 personnes, alors que le scénario initial du Medef devait en générer 660 millions et concerner 59.000 personnes.

Un calendrier peu avantageux

En revanche, le patronat ne revient pas sur sa nouvelle formule de calcul de l’allocation. Celle-ci est censée mettre fin à la situation actuelle qui avantage, à travail et salaires égaux, les personnes enchaînant les contrats de moins d’une semaine par rapport à celles qui ont des contrats plus longs. Si le principe d’un changement de formule est majoritairement partagé, celle proposée par le patronat reste rejetée par les syndicats, qui la jugent trop défavorable aux allocataires. Le patronat a toutefois un peu revu sa copie, en relevant le plancher d’indemnisation. En l’absence de reprise d’activité, l’allocataire ne pourrait être indemnisé moins de 18 jours par mois, au lieu de 17 jours proposés initialement.

Mais sur l’épineuse question des contrats courts, le patronat reste inflexible. Il propose toujours de renvoyer le sujet à la négociation dans les secteurs économiques les plus utilisateurs de contrats de moins d’un mois, afin qu’ils y élaborent eux-mêmes «les incitations pertinentes (…) permettant de modérer leur utilisation». Une position qui est loin de satisfaire les syndicats. Avec son nouveau texte, le patronat est «sur une vraie stratégie des petits pas, c’est-à-dire qu’on n’a pas beaucoup avancé», a estimé Michel Beaugas (FO), en arrivant au siège de l’Unédic. «C’est du vent», a asséné Denis Gravouil (CGT).

Et pourtant, les négociations sont primordiales à l’approche des élections présidentielles. Paradoxalement, l’incertitude qui pèse sur le grand gagnant et le contexte politique à droite, pourraient faciliter les discussions. «Il y a eu le ‘Fillon gate’ qui nous laisse un peu orphelin», soutenait un dirigeant patronal cité dans Les Echos, en février dernier. Emmanuel Macron, désormais favori dans les sondages, porte un projet qui ne plaît pas vraiment au patronat, notamment la nationalisation de l’Unédic. D’où la nécessité pour les deux camps de parvenir à un compromis.

Source : lefigaro.fr