Les mutuelles attendent des engagements

La Mutualité française, réunie en congrès à partir de demain à Nantes, attend des engagements forts du gouvernement : sur la généralisation des complémentaires santé en entreprise et sur le tiers payant à tous les assurés mais aussi sur le rôle des mutuelles dans le système de soins.

Trois ans après son premier grand discours sur la politique de santé, François Hollande s’adressera à nouveau vendredi à plus de 2.000 mutualistes. La ministre de la Santé Marisol Touraine s’exprimera, elle, dès demain.

Généralisation, «à l’horizon de 2017, de l’accès à une complémentaire santé de qualité», révision de la fiscalité pesant sur le secteur, légalisation des réseaux de soins ou encore régulation des dépassements d’honoraires.

Les engagements du nouveau président avaient en 2012 réjoui la Mutualité française, qui représente la quasi-totalité des mutuelles, avec 426 adhérents. Mais la «généralisation» de la complémentaire à échéance 2016 est pour le moment cantonnée à l’entreprise.

Décidée par les partenaires sociaux la mesure exclut de fait les «retraités, jeunes en difficulté d’insertion professionnels et les chômeurs» qui représentent le gros des 3,3 millions de personnes dépourvues de complémentaires. Autre sujet sensible, les dépassements d’honoraires.

Pour lutter contre les excès, des limites de remboursement ont été intégrées aux nouveaux contrats dits «responsables» mais ces plafonds sont «trop bas» pour être efficaces. Même la légalisation en 2013 des réseaux d’opticiens, de chirurgiens-dentistes et d’audioprothésistes, n’a pas complètement satisfait les mutualistes, qui souhaiteraient voir les médecins libéraux intégrer leurs réseaux de soins.

Un sujet très polémique à l’heure où les praticiens, vent debout contre la généralisation du tiers payant (dispense d’avance de frais) voulue par Marisol Touraine d’ici à 2017, craignent de devenir dépendants des mutuelles et autres assureurs.

La Dépêche du Midi