Les minimas sociaux réduisent fortement les inégalités et la pauvreté

Une étude de la Drees, service rattaché au ministère des Affaires sociales dresse le bilan des neuf minimas sociaux existants en France.

Compte tenu de la moindre dégradation du marché du travail, la progression du nombre d’allocataires à l’un des neufs minimas sociaux en France a ralenti en 2014, à 2,7% en un an contre +4,5% en moyenne au cours des deux années précédentes, pour s’établir à 4,13 millions de personnes, selon une étude de la Drees, service rattaché au ministère des Affaires sociales.

La moitié des allocataires touche le RSA

Dans le détail, le nombre d’allocataires au Revenu de solidarité active socle a progressé de +4,8%, contre +6,2% en 2012 et +7,4% en 2013. Le RSA représente 46% de l’ensemble des allocataires de minimas sociaux et contribue aux trois-quarts de l’augmentation totale du nombre de bénéficiaires des prestations. En ce qui concerne l’allocation de solidarité spécifique (ASS) – versée aux demandeurs d’emploi qui ont épuisé leurs droits à l’assurance chômage – l’évolution du nombre de bénéficiaires est sensiblement la même que celle du RSA socle (+4,2% après +11,2% et +10,3% en 2012 et 2013).

Des allocations dépendantes des changements réglementaires

L’évolution de certaines allocations dépend des changements réglementaires intervenus. C’est le cas par exemple des titulaires de la couverture maladie universelle (CMU): +8,5% en 2014, après +4,7% en 2013 à 5,1 millions de personnes en moyenne. « Cette forte hausse est due, en grande partie, au relèvement exceptionnel (+7% en termes réels), intervenu au 1er juillet 2013, du plafond de ressources donnant accès à la CMU-C) », expliquent les auteurs de l’étude.

A l’inverse, le nombre de foyers fiscaux bénéficiaires de la prime pour l’emploi (PPE) a poursuivi son recul en 2014 (-6,8%). « La réduction des effectifs est de 7,7 % en moyenne, par an, depuis 2008, sous les effets conjugués du gel du barème et du non-cumul de la prime avec le RSA activité », peut-on lire dans l’étude. Rappelons d’ailleurs que depuis depuis le premier janvier, la prime d’activité a remplacé la prime pour l’emploi et le RSA socle.

Réduction de la pauvreté et des inégalités

L’étude souligne que les minimas sociaux contribuent « grandement » à réduire la pauvreté et les inégalités en France. Ainsi, la proportion de personnes qui se situent sous le seuil de pauvreté – défini comme valant 60 % du niveau de vie médian – « est réduite de plus de 7,9 points une fois l’ensemble des prestations sociales et de la fiscalité directe pris en compte ». Ce sont les prestations familiales et les aides au logement qui contribuent le plus à la réduction du taux de pauvreté (2,3 points contre 1,6 point pour les minimas sociaux). En revanche, l’étude précise que ces minimas sociaux ne permettent pas aux bénéficiaires de faire passer leur niveau de vie au dessus du seuil de pauvreté.

Enfin, ces aides contribuent également à réduire les inégalités: le rapport entre le neuvième décile de niveau de vie (plancher des 10% des individus les plus riches) et le premier décile (plafond des 10% les plus pauvres) passe de 5,8 avant redistribution à 3,5 après redistribution, grâce notamment aux prestations familiales sans condition de ressources et aux allocations logement.

Source : boursier.com