Les hôpitaux réclament davantage d’autonomie

La Fédération hospitalière de France a présenté ses idées de réforme. L’hôpital doit avoir la « responsabilité » de l’état de santé sur son territoire, en lien avec la ville.

Profitant de la campagne électorale, la Fédération hospitalière de France a publié vendredi ses idées de réforme du secteur, assorties de 50 « clefs de déverrouillage » techniques, pour donner un nouveau cap à l’hôpital public. « Ce n’est pas une plate-forme idéologique, et elle est compatible avec tous les candidats », explique Cédric Arcos, directeur général adjoint de la FHF. Le syndicat patronal ne réclame pas de moyens financiers supplémentaires : « Nous ne croyons pas au père Noël ! Nous voudrions juste qu’on nous donne de l’air. »

La Fédération souhaite que les hôpitaux soient gérés de façon plus décentralisée, ce qui passe par l’instauration d’une « responsabilité populationnelle » locale. Les établissements, regroupés depuis six mois au sein de 132 groupements hospitaliers de territoire (GHT), seraient en charge de l’état de santé mais aussi de la prévention et du suivi postopératoire sur leur zone.

Mais pour cela, il faut de l’autonomie. Les agences régionales de santé, qui régulent l’offre et délivrent les autorisations, sont donc priées de se recentrer sur le pilotage des objectifs stratégique ou bien… de disparaître. Les budgets hospitaliers seraient votés pour cinq ans, au lieu d’être rediscutés tous les ans. Des objectifs régionaux de dépenses pourraient être définis. Les indicateurs de qualité territoriaux seraient généralisés et rendus publics : par exemple, le taux de césariennes, de vaccination du personnel, d’infections nosocomiales…

Forfaits à la pathologie

Les établissements seraient encouragés à mener des expérimentations. Notamment pour pousser les « pratiques avancées » permettant aux infirmiers, manipulateurs radio, orthoptistes, etc. d’accomplir des tâches réservées aujourd’hui à d’autres professionnels de santé. Deux mois après la demande d’autorisation, en l’absence de réponse de la tutelle, le droit d’expérimenter serait réputé acquis.

Les statuts devraient être réformés pour mieux rémunérer les praticiens les plus méritants, alors qu’aujourd’hui, l’âge et l’ancienneté sont l’alpha et l’omega de la politique salariale. Par ailleurs, les médecins qui désirent travailler à la fois en ville et à l’hôpital devraient avoir plus de latitude. La « responsabilité populationnelle » serait partagée avec les cliniques et les libéraux. Quitte à mettre en place de nouveaux forfaits à la pathologie, rémunérant avec la même enveloppe tous les intervenants publics ou privés. Mais la FHF froisse ces derniers en proposant de plafonner les dépassements d’honoraires dans les professions en tension, et de rétablir la permanence des soins obligatoire pour les libéraux.

Source : lesechos.com