Les dépenses de santé dans le monde deviendront intenables d’ici à 2060

Selon l’OCDE, les pays développés doivent réformer la prise en charge de la santé. La France, où l’Assurance maladie est pourtant en déficit, est montrée en exemple grâce à ses procédures budgétaires.

La santé n’a pas de prix, mais elle a un coût. Et ce dernier deviendra insupportable à horizon 2050, faute de réforme d’ampleur, prévient l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) dans une étude publiée vendredi. «Les dépenses publiques de santé et de prise en charge de la dépendance dans les pays développés représentent aujourd’hui environ 6% du PIB, et devraient atteindre près de 9% en 2030, pour se hisser jusqu’à 14 % d’ici à 2060», note l’OCDE.
Les dépenses de santé explosent ces dernières décennies, on le sait, à cause du vieillissement de la population. Mais ce n’est pas tout. Les nouvelles technologies médicales, issues des progrès de la science, ainsi que la hausse des revenus dans les pays développés suscitent des attentes plus grandes de la part de la population en matière de qualité des soins. La hausse de la part de la richesse nationale attribuée à la santé n’est donc pas forcément une mauvaise chose, relativise l’OCDE.
Problème, comme ce budget est en grande partie financé par l’État, comment faire pour que cela ne déstabilise pas les finances publiques? Il faut, répond l’OCDE, passer en revue quels soins la solidarité nationale doit rembourser en priorité. Doit-elle prendre en charge les médicaments contre le rhume aussi bien que les traitements -plus coûteux- contre les maladies plus graves? Pour redresser les comptes, une autre solution consiste à désengager l’État de la santé pour donner plus de place aux assureurs privés, liste l’OCDE.
Le poids des cotisations sociales

Car, outre le défi de la hausse des dépenses, les États doivent faire face à un autre problème lié au vieillissement de la population. En effet, «de nombreux pays demeurent fortement tributaires des prélèvements sur les salaires, qui diminuent à mesure que leur population vieillit». En France, les cotisations assises sur les salaires financent 46% des dépenses d’assurance maladie par les cotisations sociales prélevées sur les salaires.
Toutefois, la France, troisième pays, après les Pays-Bas et le Danemark, au classement des dépenses publiques de santé, est citée en exemple à suivre par l’OCDE. Elle s’est en effet dotée, dans les années 2000, d’un système de maîtrise des dépenses efficace, l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam), estime l’organisation internationale. Ce dispositif permet de déterminer à l’avance le niveau de croissance des dépenses de santé à ne pas dépasser. De fait, les dépenses de santé, ces dernières années, n’ont pas dépassé les limites fixées. «Ces progrès encourageants font de la France un exemple à suivre pour les autres pays développés», en conclut l’OCDE. Pour autant, tout n’est pas parfait. L’Assurance maladie française dégage le plus important déficit de la Sécurité sociale et ne sera toujours pas à l’équilibre en 2019.

Source : Le Figaro