Les créations d’emplois dans le privé au plus haut depuis 2007

Le secteur marchand a créé plus de 190.000 emplois en 2016, près de deux fois plus en un an. L’embellie provient du tertiaire et de l’intérim.

La situation de l’emploi en France va de mieux en mieux. Selon la dernière estimation de l’Insee publiée ce vendredi, le secteur marchand non agricole a poursuivi sur sa lancée au quatrième trimestre avec 62.200 créations nettes de postes, 10.000 de plus que durant le trimestre précédent. Il s’agit du septième trimestre de hausse continue. Sur l’année, la tendance fait encore mieux ressortir le décollage : avec 191.700 emplois créés, le millésime 2016 fait presque deux fois mieux que le précédent, et s’inscrit au plus haut depuis 2007 (263.000), c’est-à-dire depuis l’année qui a précédé la crise des « subprimes ».

Ces chiffres, encore provisoires, vont de pair avec la baisse de près de 110.000 du nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A (sans activité) inscrits à Pôle emploi l’année dernière, même si pour beaucoup c’est au prix d’une plus grande précarité (« Les Echos » du 25 janvier). Ils augurent d’une publication dans la même veine par l’Insee, cette semaine, du taux de chômage au quatrième trimestre. Il était de 9,7 % au troisième trimestre pour la France métropolitaine, et de 10 % pour la France entière.

L’exécutif n’a pas boudé son plaisir. « En dix ans, nous avons pu reconstituer les emplois perdus et en créer davantage », s’est félicité François Hollande lors d’un déplacement à Valence. « Le redressement de notre économie est aujourd’hui pleinement confirmé », a quant à elle déclaré la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dans un communiqué, liant l’accélération du rythme des créations d’emplois – « que nous n’avions pas connue depuis neuf ans » – aux mesures de « soutien aux entreprises », qui leur ont permis de gonfler leurs marges et donc d’investir et d’embaucher. De fait, le CICE, le pacte de responsabilité et autres dispositifs de baisse de charges concentrés sur les bas salaires favorisent les embauches, malgré une croissance qui reste atone.

Une érosion continue dans l’industrie et la construction

Si le tableau global est bien orienté, le détail des chiffres appelle quelques nuances. La progression de l’emploi marchand est réelle, mais tient au dynamisme du secteur tertiaire, qui fait plus que compenser l’érosion continue dans l’industrie ou la construction, malgré la reprise des chantiers. Quand le premier secteur a créé 68.800 postes au quatrième trimestre, les deux autres en ont respectivement perdu 4.700 et 1.900. Les paramètres de l’équation suivent les mêmes pentes depuis deux ans.

Qui plus est, la forte hausse de l’emploi sur les trois derniers mois de l’an dernier – tout comme sur ceux du trimestre précédent – est beaucoup passée par l’intérim, toujours selon l’Insee. Sur un an, l’emploi intérimaire a progressé de près de 12 %, avec 69.300 postes créés, très loin devant l’emploi hors intérim (+ 0,8 %, 122.400).

Prism’emploi affiche des chiffres nettement moins favorables, du fait des différences de méthode, puisque la fédération des professionnels du secteur ne revendique « que » 36.500 emplois de plus en 2016. Mais elle n’en souligne pas moins que la hausse a concerné tous les secteurs (avec mention particulière pour le BTP et le transport), dans toutes les régions de France, ainsi que toutes les qualifications. Les années 2015 et 2016 marquent une reprise « modérée mais continue », explique aux « Echos » le président de Prism’emploi, François Roux. L’optimisme est d’autant plus de rigueur que les chiffres de janvier s’inscrivent sur la même tendance.

Source : lesechos.fr