Les chiffres du chômage en février annoncés jeudi, en même temps que le projet de loi travail

Malgré une baisse en janvier, le chômage reste sur des sommets avec 3,55 millions de personnes sans emploi. Jeudi, Pôle emploi publiera l’état des lieux à fin février, rendez-vous d’autant plus attendu qu’il coïncide avec la présentation en Conseil des ministres de la réforme très polémique du droit du travail.

Selon l’Insee, le chômage s’est « quasi stabilisé depuis l’été 2014 ».

Mais l’inversion de la courbe tant espérée n’est toujours pas d’actualité. Malgré des « mesures très volontaristes », selon les termes de la ministre du Travail Myriam El Khomri, le gouvernement est en panne de résultats face au chômage de masse.

Fin janvier, la France comptait 3,55 millions de personnes sans aucune activité en métropole, soit 27.900 personnes de moins que fin 2015. Les services statistiques du ministère avaient toutefois mis en garde contre des événements « inhabituels et inexpliqués » pouvant être à l’origine de la baisse.

Sur trois mois (novembre, décembre, janvier), le chômage était en baisse de 27.500, mais sur un an en hausse de 1,8%.

Au total, en comptabilisant l’outre-mer et les personnes ayant eu une petite activité, on atteignait 5,76 millions demandeurs d’emploi fin janvier, soit une hausse de 0,3% sur trois mois.

Myriam El Khomri y avait vu la « confirmation de la tendance » observée depuis l’été 2015, à savoir une « stabilisation (…) préalable » à une baisse des demandeurs d’emploi.

Si la situation des moins de 25 ans s’améliore (-5% sur un an), en revanche celle des chômeurs de longue durée continue de se dégrader (+9,1% sur un an) comme celle des séniors (+7,8% sur un an).

Une embellie encourageante toutefois: pour la première année depuis 2011, l’économie française a créé l’année dernière des emplois marchands (plus de 82.000) alors que pendant trois ans, elle en avait détruit.

– ‘un peu de tonus’ en 2016 –

Pour cette année, l’Insee a donné quelques signes d’optimisme en termes de croissance. Au premier trimestre 2016, avec une consommation en hausse, des exportations dynamiques et des investissements soutenus, l’économie française devrait gagner « un peu de tonus » avec un taux de croissance de 0,4% au premier comme au deuxième trimestre.

L’institut de la statistique projette en conséquence une légère baisse du taux de chômage qui passerait au 1er semestre sous la barre symbolique des 10% en métropole.

Selon l’Insee, le taux se replierait au 1er trimestre, à 9,9% de la population active en métropole, contre 10% fin 2015 et resterait à ce niveau au deuxième trimestre. En France entière, le taux baisserait à 10,2% au premier trimestre (-0,1 point), puis se stabiliserait.

Après le pacte de responsabilité, le CICE et la loi Macron, François Hollande, qui continue de conditionner sa candidature à un second mandat en 2017 à une baisse « crédible » du chômage, a pris de nouvelles initiatives en début d’année: un vaste plan de formation pour les chômeurs et une nouvelle prime pour les PME de moins de 250 salariés qui embauchent.

Le gouvernement s’est aussi lancé dans une ultime réforme du droit du travail pour permettre aux entreprises de mieux réagir aux aléas de l’activité économique et encourager l’embauche en CDI plutôt qu’en CDD. Mais face à la mobilisation des syndicats et des jeunes, il a dû revoir à la baisse ses intentions et notamment retirer le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif.

Accusé par une partie des syndicats d’accéder aux demandes du patronat, le Premier ministre Manuel Valls a récemment déploré « une certaine complaisance à l’égard du chômage de masse ».

Le chômage « concerne les chômeurs de longue durée, peu ou pas qualifiés, souvent jeunes, des femmes et souvent des habitants, mais aussi des jeunes des quartiers populaires. Donc, nous voulons rompre avec cela », a-t-il plaidé.

Source : lentreprise.lexpress.fr