Endométriose: Comment reconnaître la maladie?

Elle touche 10 à 15 % des femmes, mais l’endométriose reste assez méconnue. Pourtant, cette maladie gynécologique a un lourd impact sur le quotidien des femmes qui en souffrent. A l’occasion de la Semaine européenne de lutte contre l’endométriose qui se déroule du 7 au 13 mars, le centre de l’endométriose du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph (GHPSJ), qui a mis en place une prise en charge multidisciplinaire de la maladie, organise une campagne d’information du grand public*.

Reconnaître les symptômes

Plusieurs signes permettent de reconnaître la maladie. Le premier d’entre eux, ce sont les règles douloureuses, «une douleur intense, qui s’aggrave avec le temps et que les antalgiques classiques, de type paracétamol ou ibuprofène, ne soulagent pas », précise le Dr Eric Sauvanet, chef du service de chirurgie gynécologique au GHPSJ et membre de la World Endometriosis Society. « Les femmes s’entendent dire depuis toujours que c’est normal d’avoir mal pendant leurs règles. Bien sûr, toutes celles qui ont des règles douloureuses ne souffrent pas d’endométriose, mais celles chez qui la douleur est telle qu’elle ne leur permet pas d’aller travailler doivent se poser la question », insiste-t-il. « J’ai eu des patientes qui avaient si mal qu’elles atterrissaient aux urgences pour réclamer des calmants, voire de la morphine », se souvient-il.

Chez les « endogirls », surnom que se donnent les femmes souffrant d’endométriose, « la douleur peut également se manifester en allant à la selle au moment durant les règles, dans le bas-ventre pendant l’ovulation et également lors des rapports sexuels, au fond du vagin, et parfois même après l’acte », détaille le médecin. Parmi les autres symptômes fréquemment relevés : troubles digestifs, lombalgie, sciatique, mais aussi une forte fatigue. « Vivre avec la douleur est littéralement épuisant pour l’organisme, et c’est très éprouvant moralement, surtout quand on ne sait pas pourquoi on souffre », indique le Dr Sauvanet. Et dans certains cas, la maladie est asymptomatique, et découverte par hasard, à un stade souvent avancé, aux conséquences irréversibles.

Poser un diagnostic

D’où l’importance de poser au plus vite un diagnostic. Car si l’on ne guérit pas de l’endométriose, plus elle est prise en charge tôt et plus il est possible de contenir son impact sur la vie des femmes. Or, « il faut attendre en moyenne sept ans pour qu’une femme soit diagnostiquée », déplore Eric Sauvanet. «Le diagnostic n’est pas simple à poser, d’où la longue errance de certaines patientes, qui attendent parfois longtemps avant de poser un nom ce qu’elles ont. Mais dès qu’elles ont identifié leurs symptômes, elles doivent consulter sans tarder dans un centre de référence », préconise le médecin

Dès lors, il faut passer un bilan complet avec examen, toucher vaginal et échographie endovaginale. « C’est assez fiable, mais l’IRM reste l’examen de référence. Une femme peut avoir une échographie tout à fait normale malgré son endométriose, d’où un diagnostic encore plus long à poser, avertit le Dr Sauvanet. L’IRM, elle, permet à coup sûr de savoir ». Mais peu à peu, les choses évoluent. « De nombreuses femmes sont alertées en tapant leur symptomatologie sur internet. Elles peuvent aussi trouver une information de qualité auprès d’associations de patientes ». Et pour faciliter le diagnostic, le GHPSJ organise également des cycles de formation destinés aux médecins, « pour permettre aux femmes de bénéficier d’une meilleure prise en charge qu’elles soient à Paris ou n’importe où ailleurs ».

* Le GHPSJ organise une journée portes ouvertes ce vendredi 11 mars, de 10 heures à 16 heures, dans le hall de l’hôpital.

Source : 20minutes.fr