Le Sénat brise le consensus sur la fin de vie

«J’ai infiniment de regrets qu’il n’y ait pas de texte qui sorte du Sénat», a déclaré la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avant de se dire satisfaire du rejet d’une proposition de loi «dénaturée».

En séance, le sénateur PS Georges Labazée a dénoncé un «sabotage» et accusé la droite de «s’opposer au progrès». «Au fil de la discussion en séance, ce texte est devenu une coquille vide, a reproché Françoise Gatel (UDI-UC). La sédation profonde et continue n’est pas le cheval de Troie d’une euthanasie déguisée. (…) Nous avons manqué à notre devoir de fraternité et d’humanité.»

Influence de l’affaire Vincent Lambert

Après ce coup de théâtre, le texte repartira en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, qui l’avait adopté à une très large majorité en mars, tel qu’il en était sorti. «J’aurais préféré des modifications qui alimentent le dialogue entre les deux assemblées, soupire Jean Leonetti. C’est un débat sur lequel il faut s’enrichir, se rassembler.» Le député, également auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie, actuellement en vigueur, se désole aussi de l’influence de l’affaire Vincent Lambert dans ce débat. «Donner la mort est une transgression majeure. Ce texte refusait l’euthanasie, mais aussi la souffrance. Il faut avancer sur ce terrain, car des Français meurent encore aujourd’hui dans d’atroces souffrances, plaide-t-il enfin. Nous allons travailler avec Alain Claeys pour qu’une seconde lecture apaisante et constructive puisse avoir lieu à l’Assemblée nationale.» Avant un nouveau passage au Sénat…

Source : Le Figaro