Le prix de la consultation médicale passera de 23 à 25 euros en mai 2017

Un troisième syndicat a accepté de signer la convention médicale. Elle va donc être validée.

C’est la fin du suspense. Le tarif de base de la consultation chez un généraliste va bel et bien passer de 23 à 25 euros dès le 1er mai 2017, mettant fin à la discrimination actuelle par rapport aux autres spécialités médicales. Les adhérents de la Fédération médicale de France (FMF) ont donné ce dimanche leur accord à la ratification de la convention quinquennale négociée avec l’Assurance-maladie.

Après le « oui » de MG France (majoritaire chez les généralistes) et du BLOC (petite organisation qui défend les chirurgiens et apparentés), l’apport de voix de ce syndicat minoritaire suffit à faire basculer le scrutin : il fallait seulement 30 % des suffrages professionnels pour l’emporter.

Une date unique plutôt qu’une augmentation graduée

Nicolas Revel, le directeur général de l’Union nationale des caisses d’Assurance-maladie (Uncam), peut être satisfait. Nombre d’observateurs tablaient sur un échec de la négociation menée de février à juillet. Les médecins sont en effet en colère contre le gouvernement depuis des mois. Un conflit qui a culminé avec le rejet de la loi santé et la grande grève du printemps 2015. Aux dernières élections professionnelles, les syndicats contestataires ont gagné du terrain, taillant des croupières à la Confédération syndicale des médecins de France (CSMF), majoritaire chez les spécialistes et interlocuteur naturel de l’Uncam.
Mais Nicolas Revel a su répondre à certaines demandes catégorielles et faire monter les enchères. Avec les généralistes, qui exigeaient 25 euros sans délai, il a fait une concession de dernière minute : au lieu d’une augmentation graduée du tarif de la consultation, en deux étapes afin de limiter le coût budgétaire pour 2017, il s’est replié sur la date unique du 1er mai.

Une mesure à 960 millions d’euros pour l’Assurance maladie

De manière générale, les médecins en secteur 1 (pas de dépassements) ont été soignés ; or les généralistes exercent quasiment tous dans ce secteur. Quant aux chirurgiens, ils ont obtenu une déclinaison sur mesure de l’ex-Contrat d’accès aux soins, rebaptisé Optam-Co pour eux : ce contrat se traduit par une revalorisation de près de 20 % des actes chirurgicaux pratiqués à tarif opposable.
Enfin, l’Assurance-maladie a fini par ouvrir assez largement son portefeuille même si on reste loin des revendications syndicales. A terme, la convention lui coûtera 960 millions d’euros. Mais les financements supplémentaires atteindront presque 1,3 milliard grâce à la participation des complémentaires santé, qui contribueront un peu plus au remboursement des consultations, et qui pourraient financer le futur « forfait structure » pour aider les médecins à s’organiser et s’équiper, à hauteur de 250 millions.

Deux autres syndicats doivent se prononcer

Deux syndicats doivent encore se prononcer ce jeudi sur la future convention : le Syndicat des médecins libéraux (SML), qui a déjà exprimé son opposition, et la CSMF. Ce dernier est loin d’avoir obtenu gain de cause sur la revalorisation des consultations longues et complexes.
Cependant, il a intérêt à participer à la mise en oeuvre de la prochaine convention. Dominant, il est présent dans la plupart des commissions paritaires départementales qui exécutent la maîtrise des dépenses médicales ordonnée par l’Assurance-maladie. Un retrait risquerait d’accélérer son déclin.

Solveig Godeluck
LesEchos.fr