Le nombre de jeunes sans emploi en hausse dans le monde

Selon l’Organisation internationale du travail, le taux de chômage des jeunes actifs est remonté à 13,1 % en 2016 et devrait rester stable l’an prochain.

Une courbe du chômage s’est bel et bien inversée: celle des jeunes de 15 à 24 ans, à l’échelle mondiale, mais dans le mauvais sens. Alors que la décrue s’était amorcée en 2014, le nombre de jeunes sans emploi dans le monde est reparti à la hausse en 2016, pour atteindre 71 millions de personnes, soit un demi-million de plus que l’an dernier. Selon le rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) publié mercredi soir, le taux de chômage des jeunes actifs est remonté de 12,9 % en 2015 à 13,1 % en 2016 et devrait rester stable l’an prochain. Cette statistique mesure la part des personnes sans emploi dans la population des 15-24 ans qui travaille ou recherche un emploi, il ne s’agit pas comme on le croit trop souvent de la part des sans-emploi rapportée à toute la classe d’âge, laquelle est majoritairement scolarisée dans un nombre croissant de pays.

Dans les pays développés, les jeunes subissent davantage la pauvreté que leurs aînés

La dégradation mondiale de l’emploi des jeunes est, selon l’OIT, la conséquence directe du ralentissement de la croissance dans les pays émergents, et en particulier de la récession plus sévère qu’attendu au Brésil, en Argentine ou en Russie. Par nature, le chiffre planétaire masque d’importantes disparités régionales. Au sein des pays en développement et émergents, le groupe «pays arabes» (douze États) affiche le taux le plus élevé, 30,6% en 2016, à comparer aux 10,7% en Asie de l’Est. Les pays arabes cumulent la chute des prix du pétrole qui a freiné leur croissance et une démographie dynamique qui accroît chaque année les cohortes de nouveaux arrivants sur le marché du travail.
À la différence du monde en développement, l’emploi des jeunes s’améliore dans les pays riches. C’est le cas dans l’Union européenne (20,3% en 2015, 18,4% en 2017) et au sein de la zone euro (22,4% en 2015, 20,5% en 2017). Mais le taux de chômage y est bien plus élevé que la moyenne mondiale (13,1% en 2017). L’OIT souligne que, dans les pays développés, les jeunes subissent davantage la pauvreté que leurs aînés. Autre symptôme de la précarité des 15-24 ans en Europe, 29 % de ceux qui travaillaient à temps partiel en 2014, selon une enquête de l’organisation basée à Genève, auraient préféré occuper un emploi à temps plein.

L’OIT souligne la difficulté persistante des jeunes à trouver un emploi durable dans de nombreux pays de l’OCDE. Un indicateur en atteste, le taux des jeunes sans emploi ou qui ne suivent aucune formation, rapporté au total de leur tranche d’âge, connu sous son acronyme anglais Neet. Dans la tranche 25-29 ans, ce taux «Neet» est élevé au Royaume-Uni (17 %) aux États-Unis (19,8 %), mais bien plus encore en France (22,5 %).

Source : lefigaro.fr