Le moral des ménages au plus haut depuis près de dix ans

Les craintes des Français vis-à-vis du chômage s’apaisent petit à petit. Les risques sur l’activité économique restent toutefois importants en 2017.

François Hollande a peut-être décidé de jeter l’éponge, au moment où, précisément, « ça va mieux », pour reprendre ses termes. L’Insee a annoncé vendredi que l’indice du moral des ménages avait retrouvé sa moyenne de long terme en janvier. Il a atteint en effet 100 points ce mois-ci. Mais surtout, il n’avait pas touché ce niveau-là depuis près de dix ans, depuis novembre 2007 très exactement, c’est-à-dire juste avant le début de la crise financière. A ce moment-là, le chômage ne concernait que 7,6 % de la population active et était sur une pente descendante. Aujourd’hui, le taux de chômage est certes plus élevé – il atteignait 9,7 % au troisième trimestre 2016 -, mais il est aussi en recul sur un an.

D’ailleurs, les craintes des ménages sur le chômage ont de nouveau baissé en janvier et sont au niveau le plus bas depuis juin 2008. L’Insee constate qu’ « en janvier, l’opinion des ménages sur leur situation financière personnelle future s’améliore : le solde correspondant gagne 3 points et retrouve son niveau moyen de longue période, qu’il n’avait pas atteint depuis septembre 2007 ». Bref, les Français sont en train de retrouver le moral. Parallèlement, les chefs d’entreprise sont aussi plus optimistes qu’avant : le climat des affaires dans l’industrie est au plus haut depuis l’été 2011.

Pourtant, les économistes ne revoient pas leurs estimations de la croissance 2017 à la hausse. Après le Brexit, l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’élection présidentielle qui vient en France et le début de remontée du prix du pétrole, les risques qui pèsent sur l’activité économique sont toujours très nombreux. Ils tablent en moyenne sur une croissance peu ou prou équivalente à celle de l’an passé, c’est-à-dire 1,3 %.

Pour Olivier Vigna, économiste chez HSBC, « l’amélioration des indicateurs ces derniers mois ne doit pas cacher les obstacles qui peuvent se dresser pour les perspectives économiques de la France : la hausse de l’inflation compensera les gains attendus de l’amélioration récente du marché de l’emploi, tandis que les incertitudes politiques en France et aux Etats-Unis devraient croître ». Les marchés, eux, s’inquiètent déjà de la présidentielle. Les taux des emprunts d’Etat français ont grimpé plus vite que ceux des emprunts d’Etat allemand.

Source : lesechos.fr