Le gouvernement prévoit 190.000 créations d’emplois en 2016

La prime à l’embauche créerait 30.000 postes dans les PME, selon Bercy.

Droit dans ses bottes. Présenté ce mercredi par Michel Sapin, le « programme de stabilité » confirme la trajectoire de déficits de la France ainsi que la prévision de croissance toujours attendue à 1,5 % cette année et l’an prochain. Si le FMI a jeté un froid mardi en abaissant sa prévision à 1,1 %, le Haut Conseil des finances publiques se montre, lui, plus rassurant jugeant le scénario du gouvernement « encore atteignable » pour 2016 et « plausible » pour la suite. « Les prix du pétrole bas, la dépréciation passée de l’euro et la politique monétaire accommodante de la BCE soutiendraient l’activité portée par la demande intérieure, qui accélérerait en 2016 et 2017 », écrit Bercy.

La prévision de croissance ne change pas, mais le gouvernement estime qu’elle sera plus riche en emplois que prévu initialement. Après 95.000 emplois créés en 2015, 190.000 postes supplémentaires sont attendus en 2016. Parmi ceux-ci, de l’ordre de 130.000 emplois salariés sont prévus dans le secteur marchand. « Après trois années de repli, l’emploi salarié marchand s’est stabilisé en 2015. Il repartirait à la hausse en 2016 grâce aux effets conjugués du Cice, du pacte de responsabilité et de la nouvelle prime à l’embauche dans les PME (dispositif Embauche PME) », explique, le programme de stabilité.

Annoncée mi-janvier par François Hollande dans le cadre de son plan emploi , la prime à l’embauche dans les PME devrait créer de l’ordre de 30.000 postes marchands cette année, prévoit Bercy. L’effet global des mesures de réduction du coût du travail est estimé à 150.000 postes.

Le Haut Conseil beaucoup plus circonspect

Le gouvernement ne fournit pas de prévisions de chômage, mais escompte clairement que ces créations d’emplois seront suffisamment nombreuses pour inverser la courbe du chômage durant l’année. L’enjeu est d’autant plus important que François Hollande a conditionné sa candidature à la présidentielle de 2017 à ses résultats sur le front de l’emploi.

Problème, le Haut Conseil des finances publiques est, sur ce point, beaucoup plus circonspect. « L’accroissement du nombre d’emplois prévu pour 2016 semble élevé, en raison d’estimations assez hautes des effets des politiques de l’emploi », indique cette instance indépendante rattachée à la Cour des comptes. Elle note aussi que cette prévision est « supérieure à ce que laissent attendre les prévisions de l’Insee pour le premier semestre ». Dans sa dernière note de conjoncture, l’Institut statistique n’anticipait que 37.000 créations nettes d’emplois marchands sur les six premiers mois de l’année. Difficile d’atteindre les 130.000 promis par Bercy sur douze mois…

Mais, cette fois, le gouvernement pourra toujours s’appuyer sur les prévisions de printemps du FMI. Car si ce dernier n’anticipe pas d’accélération de l’activité économique en France cette année, il voit le taux de chômage baisser, de 10,4 % de la population active en moyenne en 2015 à 10,1 % cette année.

Source : lesechos.fr