Le gouvernement décide de baisser les tarifs des hôpitaux

Les soins facturés par les établissements et payés par l’Assurance maladie, et non les patients, baisseront de 1% dans le public, et de 1,65% pour les cliniques privées.

Année difficile pour les hôpitaux et les cliniques. Pour respecter les objectifs du plan d’économies dans la santé, le gouvernement a décidé d’abaisser cette année les tarifs des cliniques et des hôpitaux de 1%. Ces tarifs sont ceux facturés par les établissements à l’Assurance maladie pour les soins prodigués aux patients. «C’est très rude pour les deux secteurs, public et privé», reconnaît un proche du dossier.

Malgré une égalité de façade affichée par le ministère de la Santé, les cliniques souffriront particulièrement, car leurs tarifs seront amputés de 0,65% de plus que les hôpitaux publics, donc au total de 1,65%. En effet, le gouvernement récupère ainsi, depuis trois ans, les avantages qu’elles tirent des baisses de charges liées au Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et du pacte de responsabilité.

L’enveloppe totale augmentera… surtout pour les hôpitaux publics

Toutefois, si les tarifs baissent, c’est pour compenser en partie une hausse attendue et «naturelle» de l’activité hospitalière en 2016, tirée à la hausse notamment par le vieillissement de la population. En effet, comme le souligne le ministère dans un communiqué, et malgré les baisses de tarifs, «les ressources affectées aux établissements de santé vont continuer de croître». Au total, 1,3 milliard d’euros supplémentaires seront alloués aux établissements, ce qui correspond à une hausse des moyens de 1,75% par rapport l’année passée et ce qui porte l’enveloppe allouée au secteur à 77,7 milliards d’euros.

Mais ce sont surtout les hôpitaux qui devraient en profiter. En effet, cette hausse passera par la revalorisation de 1,7% de l’enveloppe allouée aux établissements au titre des missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation. Une enveloppe dont ne profitent quasiment pas les cliniques.

Toutefois, un demi-million d’euros ont été gelés par le ministère de façon préventive sur le budget de 77,7 millions d’euros alloués aux établissements. C’est 100 millions d’euros de plus qu’en 2015. Ces crédits ne seront «dégelés» en toute fin d’année que si les hôpitaux et les cliniques respectent de façon collective leur objectif de dépense. L’enveloppe est rarement débloquée en totalité.

Source : lefigaro.fr