Le dispositif des emplois d’avenir a été utile pour la moitié de ses bénéficiaires

Le taux d’insertion professionnelle des emplois avenir paraît en nette augmentation comparée aux précédents dispositifs de contrats aidés dans le secteur non-marchand.

La France dédie un budget considérable aux contrats aidés, ces contrats subventionnés qui doivent permettre de mettre le pied à l’étrier aux publics les plus éloignés de l’emploi: jeunes, chômeurs de longue durée, seniors… En 2016 et 2017, autour de 2,5 milliards d’euros y ont été consacrés. Chaque année entre 300.000 et 400.000 personnes en bénéficient, dont une forte majorité dans les associations ou les institutions publiques ou parapubliques: éducation nationale, collectivités territoriales, hôpitaux… Pourtant, tous les économistes s’accordent depuis leur création pour dénoncer leur manque d’efficacité. «L’effet moyen d’un passage par un contrat du secteur non-marchand est significativement négatif sur le taux d’accès à l’emploi non-aidé à moyen terme», indique ainsi une étude de 2015 de l’Insee.

Une enquête du ministère du travail, publiée ce jeudi, vient nuancer ce propos. L’étude est consacrée au devenir des emplois d’avenir, destinés aux jeunes en situation de précarité, créés au début du quinquennat de François Hollande. Le coût de ce contrat atteint 11.000 euros par an et par personne, soit 1,3 milliard en 2015 pour plus de 120.000 jeunes. Les emplois d’avenir se distinguent des contrats aidés précédents par leur durée plus longue, jusqu’à trois ans, et un fort accent mis sur la formation. Un jeune sur deux en emploi d’avenir a ainsi bénéficié d’une formation certifiante.

58% en emploi après trois ans

Selon le ministère du travail, cette nouvelle formule s’est avérée payante. Six mois après la fin de leur contrat, 51% des jeunes entrés début 2013 en emploi d’avenir non marchand sont en emploi, pour la très grande majorité en emploi non aidé et durable (au moins un CDD de plus de six mois). Le taux d’insertion est plus élevé pour les jeunes qui sont restés dans leur emploi durant les trois ans: 58%, contre 37% si le contrat a duré un an ou moins.

La durée apparaît alors comme un facteur d’insertion clé. L’efficacité des emplois d’avenir est en effet bien supérieure à celle des précédents contrats dans le non-marchand. Six mois après la sortie d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) en 2012, seulement 36% des personnes étaient en emploi. Pour la génération 2011, le taux s’élevait à 41%. La durée de ces contrats s’échelonne entre six et 24 mois.

La Cour des comptes ne partage pas ce satisfecit. Dans un rapport d’octobre dernier, les magistrats affirmaient, visant les contrats d’avenir, que «les contrats aidés dans le secteur non marchand ne parviennent pas à corriger le facteur défavorable que constitue une faible qualification initiale». Selon eux, seuls des jeunes déjà relativement insérés en bénéficieraient. La Cour reproche aussi au dispositif la faiblesse des formations proposées et l’effet d’aubaine généré pour les employeurs.

Source : lefigaro.fr