Le chômage baisse de 0,7% en septembre, oui mais…

En septembre, le nombre des demandeurs d’emploi inscrits en catégorie « A » a diminué de 0,7% (-23.800). Mais si l’on inclut les catégories « B et C » (activité réduite), le chômage reste stable. 

Les dernières données de septembre sur le nombre des demandeurs d’emploi peuvent être interprétées de différentes manières, selon les camps: début d’inversion ou simple bonne surprise conjoncturelle? Objectivement, il est exact que, pour une fois, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie « A » (aucune activité durant le mois) est en baisse de 0,7 % en France métropolitaine, soit 23.800 de moins en un mois. Si l’on inclut les DOM, la baisse n’est plus que de 0,6 %. Au total, sur l’ensemble du territoire il y a 3.810.400 chômeurs inscrits en catégorie « A ». C’est seulement la cinquième fois depuis l’arrivée de François Hollande à l’Élysée que ces statistiques mensuelles sont en baisse. Et c’est une bonne nouvelle.

D’ailleurs dans son très prudent communiqué dénué de triomphalisme, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, souligne que  » la tendance est donc orientée à la baisse puisque pour la première fois depuis début 2011, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a reculé sur 4 mois ».

La catégorie « A » baisse mais les « B et C » sont en hausse

Oui mais… Si, cette fois, on s’intéresse à l’ensemble des catégorie « A, B, C » c’est-dire-en tenant compte des demandeurs d’emploi qui ont exercé une activité partielle durant le mois de septembre, alors la courbe ne s’inverse pas: elle est même en très légère progression de 1.800 personnes pour atteindre 5.727.300 demandeurs d’emploi. Soit une progression de 5,6 % sur un an pour l’ensemble du territoire. Globalement, plusieurs études ont d’ailleurs souligné que le phénomène du cumul allocation chômage/revenu d’activité tendait à exploser du fait de la multiplication impressionnante des contrats à durée déterminée de très courte durée (moins d’un mois).

Alors, certes, il est beaucoup trop tôt pour évoquer un début d’inversion de la courbe du chômage. Au mieux, il s’agit d’une stabilité…. qui reste à confirmer. D’ailleurs, la plupart des instituts, qu’il s’agisse de l’Insee, de l’Unedic (gestionnaire de l’assurance chômage) ou encore de l’OCDE, pronostiquent la baisse du chômage pour 2016… pas avant. Et encore, il faudra que la prévision de croissance de 1,5 % se réalise.

Des améliorations sur le front de l’emploi

En attendant, pour ce mois de septembre, quelques nouvelles sont encourageantes. Sur le front de l’emploi, l’intérim, qui est un indicateur avancé du marché du travail a retrouvé des couleurs. Selon l’indicateur Prism’Emploi (réalisé par les professionnels du secteurs), l’emploi intérimaire a progressé de 6,1 % en septembre. Mieux, il est en hausse de 3,1 % sur les neuf premiers mois de l’année. Une première depuis 2012. Et les déclarations d’embauche à l’Acoss (sécurité sociale) sont également en progression

Par ailleurs, la baisse du chômage des moins de 25 ans se confirme, avec un recul de 2,6 % sur un mois mais surtout de 2,7 % sur un an. De même, le fait est assez rare, le chômage des 25-49 ans recule également de 0,5 % sur un mois. Enfin, même les inscriptions au chômage des plus de 50 ans freinent, avec une progression mensuelle limitée à 0,1 %… Mais tout de même en hausse de 8 % sur un an.

Tout ceci n’empêche pas, une fois de plus, la progression du chômage de longue durée. Ils sont 2.428.100 à être inscrits depuis plus d’un an, soit une hausse de 1 % sur un mois et de… 10,4 % sur un an.

Des données très contrastées donc. Le « meilleur » alternant avec la poursuite du « négatif ». Il faudra attendre trois ou quatre mois pour pouvoir vérifier si une vraie tendance à la baisse se précise. Des résultats portant sur un seul mois n’ayant pas de grande signification.

Source: La Tribune.