Le chômage a fortement reculé en mars

Le mois dernier, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A a baissé de 62 400. Un record.

Au cœur du marasme social actuel, enfin une excellente nouvelle pour le gouvernement. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A (sans activité) à Pôle emploi a diminué de 62.400 en France entière (60.000 pour la seule métropole) en mars. Une telle embellie sur le front du chômage n’avait jamais été enregistrée depuis septembre 2000, en pleines années «miracles» du gouvernement Jospin.

L’amélioration de mars intervient après un mauvais mois de février (+ 38.900 inscrits). Depuis juin, les chiffres avaient tendance à jouer au yo-yo. Le premier trimestre vient toutefois infléchir nettement la tendance vers l’embellie. Depuis le début de l’année, le nombre d’inscrits en catégorie A a diminué de 50.600 (- 1,3 %). «Il s’agit de la première baisse significative depuis le dernier épisode de reprise en 2010-2011», a souligné la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Qui a imputé ces bons résultats aux baisses de prélèvements du pacte de responsabilité et à l’aide à l’embauche pour les PME. Plus fondamentalement, l’emploi repart en France depuis un an. En 2015, après trois années de destruction de postes, 83 200 emplois ont été créés dans le secteur marchand, selon l’Insee.

Cette amélioration profite essentiellement aux jeunes. Le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) de moins de 25 ans a diminué de 2,7 % en trois mois, et de 6,4 % en un an en métropole. En revanche, la situation des seniors et des chômeurs de longue durée continue de se dégrader. Le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a baissé de 0,1 % en trois mois, mais augmente de 6,5 % depuis mars dernier. La population des chômeurs de plus de trois ans continue aussi d’augmenter.

Hausse des petits boulots

«La reprise est fragile et concerne les contrats à durée limitée», a souligné Véronique Descacq, numéro deux de la CFDT. De fait, comme c’est classiquement le cas en période de reprise économique, une part importante des anciens chômeurs de catégorie A a rejoint les bataillons du temps partiel, intérim, CDD… Ils pointent désormais en B et C (personnes cumulant petits boulots et allocation-chômage), deux catégories qui ont vu leurs effectifs augmenter de 52.800 en mars. Au total, le nombre de chômeurs en catégorie ABC ne recule que de 9600. En revanche, les effets du plan 500.000 formations ne sont toujours pas visibles. La catégorie D, qui regroupe les inscrits en formation, congés maternité, maladie, a diminué en mars. Le pays compte désormais 3,79 millions de chômeurs (catégorie A), contre 3,16 millions au début du quinquennat de François Hollande. Soit une hausse de 630.000 personnes. «Contrairement à ce que dit la ministre du Travail, il y a en un an une augmentation de 3,3 % du nombre d’inscrits toutes catégories. À défaut de résultats, le gouvernement s’emploie à faire baisser artificiellement les chiffres du chômage», a ainsi dénoncé Gérard Cherpion, député LR des Vosges.

En moyenne, entre janvier et mars, on comptabilise 225 800 cessations d’inscriptions pour défaut d’actualisation. Un chiffre en hausse de 9,3 % en un an. Le Ministère du Travail ne communique pas de données mensuelles, il est donc très difficile de déceler une éventuelle anomalie qui aurait eu un impact sur les chiffres du mois de mars.

Cette publication intervient dans un contexte social très tendu. À partir de mardi prochain, le projet de loi El Khomri sera débattu en séance publique à l’Assemblée nationale. Les syndicats restent vent debout contre le texte, qu’ils jugent trop favorable aux entreprises. Ce jeudi, la CGT, FO, la FSU, Solidaires, l’Unef (étudiants) et la Fidl (lycéens) ont appelé à une nouvelle journée de manifestations et de grèves.

Source : lefigaro.fr