Le chômage a fait du surplace en janvier

Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité est resté stable le mois dernier par rapport à décembre. Mais il continue de baisser sur un an.

Après le fort recul de novembre et une remontée en décembre, le chômage est resté stable en janvier, sans que l’on puisse en déduire que l’inversion de la courbe se soit, ou non, arrêtée. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi dans la catégorie A, c’est-à-dire sans activité, a augmenté de 800, pour frôler 3,468 millions pour la France métropolitaine, a annoncé vendredi le ministère du Travail. Compte tenu de l’embellie des créations de postes dans le privé, au plus haut l’année dernière depuis 2007, on pouvait s’attendre à un peu mieux. Surtout dans la foulée d’un millésime 2016 qui restera comme le premier à avoir été marqué par une baisse du chômage en neuf ans (« Les Echos » du 25 janvier). Pas d’inquiétudes, répond-on au ministère du Travail, où l’on met en avant la tendance, toujours bien orientée sur les trois derniers mois (- 9.100 en catégorie A). La situation continue de s’améliorer pour les jeunes de moins de 25 ans sans activité, dont le nombre a retrouvé son niveau de l’été 2011. C’est le cas aussi pour les chômeurs de longue durée (- 13.400 depuis novembre). En revanche, les seniors ne profitent toujours pas de l’embellie.

« Après les bons résultats obtenus en matière de créations d’emplois et les perspectives positives de recrutements de cadres, nous constatons que l’évolution du nombre de demandeurs d’emploi reste favorable en tendance, notamment pour les jeunes et les demandeurs d’emploi de longue durée », a souligné Myriam El Khomri, la ministre du Travail.

Aucune raison que la dynamique disparaisse

Les optimistes noteront la forte hausse en janvier des demandeurs d’emploi de catégorie C, c’est-à-dire ayant travaillé plus de 78 heures. Ils sont 1,3 million, un chiffre en hausse de 3,4 % en trois mois, et de 9,6 % sur un an. Surtout, 41,3 % d’entre eux, soit près de 540.000, travaillent à temps plein, même si c’est en CDD pour la plupart, ce qui explique pourquoi ils préfèrent rester inscrits à Pole emploi. La CGT, au contraire, y voit la preuve que la précarité continue d’augmenter.

Et pour la suite ? Au ministère du Travail, on ne voit aucune raison que la dynamique disparaisse. Malgré une croissance qui reste relativement faible, les créations d’emplois vont se poursuivre, selon lui, portée par la continuation de la prime PME (jusqu’en fin juin), le pacte de responsabilité et le CICE qui « montent en régime ». Et 2017 pourrait être marquée par une hausse plus faible que ces dernières années de la population active.

Source : lesechos.fr