Le carnet de santé passe au numérique

Jusqu’au 30 mars se tient la semaine européenne de la vaccination. L’occasion de revenir sur une initiative rhônalpine lancée officiellement au début du mois d’avril : le carnet de vaccination électronique. Si pour l’instant l’expérimentation se limite à la région lyonnaise, elle pourrait bien être élargie au reste de la France à compter de 2017.

« Notre objectif est que le carnet de santé devienne has-been », lance le docteur Jean-Pierre Enrione-Thorrand. Avec Jean Stagnara et l’URPS Médecins Auvergne Rhône-Alpes, il a participé à la création d’un carnet de vaccination électronique (CVE). Pour l’instant, l’initiative a été uniquement lancée en Auvergne Rhône-Alpes, territoire pilote. Elle est menée sur une zone allant des 3e et 8e arrondissements de Lyon jusqu’à Bourgoin-Jailleu.

Lors de cette première phase, qui devrait durer jusqu’en octobre 2016, le système sera expérimenté auprès de professionnels de la santé. Cinq pédiatres, cinq généralistes, deux pharmaciens, deux sages-femmes et deux infirmiers ont déjà été sélectionnés. Et « nous sommes en contact avec deux maternités », détaille Jean Stagnara. Pour l’instant, les porteurs de projet disent ne pas avoir d’objectifs chiffrés en termes de nombre de carnets créés.

Mesvaccins.net

Ce carnet numérique s’inscrit dans une volonté de faciliter le suivi des vaccins, quand on sait qu’un adulte sur deux ne dispose pars de carnet de santé. « Il permet d’éviter la sur-vaccination, ainsi que la sous-vaccination », explique le docteur Jean Stagnara. Une alerte par sms sera, par exemple, mise en place pour prévenir le patient quand la date de vaccination approche.

Un des principaux enjeux sera d’intégrer le CVE dans les systèmes informatiques des professionnels de la santé puisque ces derniers sont hétérogènes. « Il n’existe pas d’outil commun pour l’ensemble des professionnels de la vaccination. Dès lors, tout repose sur la synchronisation », illustre Jean Stagnara. Un médecin de Lyon pourrait ainsi consulter le même carnet qu’un pharmacien de Lille.

Parmi les personnes habilitées à créer un carnet de santé, les professionnels de la vaccination mais aussi l’usager lui-même qui n’a qu’à se connecter sur le site mesvaccins.net, qui sert actuellement d’hébergeur. « Cependant, le carnet doit ensuite être obligatoirement validé par un professionnel », explique Jean Stagnara. Sur ce carnet de santé connecté, seront notamment inscrits le nom du vaccin, le numéro du lot ou encore la date de vaccination.

Généralisation à partir de 2017

Ce projet se construit dans le cadre du programme Territoire de soins numériques, lancé par les pouvoirs publics, dont le budget total s’élève à 80 millions d’euros. Parmi les cinq régions françaises qui ont été sélectionnées pour intégrer ce programme, celle Auvergne Rhône-Alpes. Elle porte dans ce cadre trois projets, dont celui du carnet de vaccination électronique.

Après un premier bilan en mars 2017, si le procédé fonctionne, il devrait se généraliser à l’ensemble du territoire français.

Source : latribune.fr