L’Assurance-maladie avance prudemment sur la téléconsultation

La deuxième séance de négociation entre la Sécurité sociale et les professionnels sur la télémédecine a été consacrée ce mercredi à la téléconsultation. Elle devra être programmée et passer par le médecin traitant, selon un document de travail consulté par « Les Echos ».

Avancer mais pas trop vite. L’Assurance-maladie est déterminée à faire entrer la télémédecine dans le droit commun , comme le veut la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, mais de façon maîtrisée. Mais il ne faudrait pas que les remboursements s’envolent. L’idée n’est pas non plus d’ouvrir un boulevard aux entrepreneurs et aux assureurs qui se positionnent pour saisir les places sur le futur marché de la e-santé. Lors de la deuxième séance de négociation sur la télémedecine, mercredi, le financeur public des soins a donc transmis aux syndicats de médecins un document de travail prudent, pour cadrer le sujet du jour : la téléconsultation.

Un patient connu du médecin requis

En règle générale, seule «la téléconsultation organisée dans le respect du parcours de soins » sera reconnue et donc remboursée, précise ce document consulté par « Les Echos ». Autrement dit, la consultation devra se faire à la demande, avec le médecin traitant ou sur sa recommandation, et il faudra qu’elle soit programmée. Les urgences et les plages à horaires libres ne seront pas admises.

Par ailleurs, le patient devra être connu du médecin requis, donc l’avoir consulté de visu au moins une fois. Dernier garde-fou, il ne pourra téléconsulter que s’il a déjà eu un examen clinique dans les douze mois précédents. Car l’entretien à distance ne remplace pas le contact. «La téléconsultation permet de faire 91% de ce que l’on fait habituellement en cabinet, précise Franck Baudino, généraliste et entrepreneur en télémédecine avec sa société H4D. On ne traite pas les urgences vitales, les plaies ouvertes, les troubles neuropsychologiques profonds, les nourrissons, et les vaccins. »

Ces dispositions compliquent de fait l’accès des sociétés commerciales de télémédecine au remboursement, puisqu’on ne connaît généralement pas le médecin consulté. Claude Battistoni, le président de MG France, ne s’en émeut pas. Ces entreprises ne sont qu’un «service de plus » dans le système de santé, au même titre que SOS Médecins, souligne-t-il. Pour lui, « elles ne répondent pas au problème de fond de {…}

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Source : lesechos.fr