L’assurance-chômage dans l’impasse

Syndicats et patronat devraient acter ce jeudi leur désaccord dans la négociation en cours, redonnant à l’État la gestion d’un régime à bout de souffle.

Assurance-chômage, une équation impossible

Le régime de l’assurance-chômage, géré depuis la fin des années 1950 par les syndicats et le patronat, est à bout de souffle. Avec un taux de chômage stagnant au-dessus de 10 %, ses déficits (4,5 milliards en 2015) se sont accumulés. Et sa dette explose: elle a dépassé 25 milliards fin 2015 et atteindra 35 milliards fin 2018, si rien n’est fait.

. 2,5 millions de chômeurs indemnisés en 2016 (prévision)
. 4,5 milliards de déficit en 2015 (estimation)
. 35 milliards d’euros de déficit cumulé à horizon fin 2018 (prévision)
. 23% des chômeurs indemnisés ont plus de 50 ans
. 1119 euros de montant d’allocation brute moyenne par mois
. 11 mois de durée moyenne d’indemnisation
. 99% des chômeurs indemnisés touchent moins de 3872 euros par mois
. 72% de taux de remplacement net moyen (par rapport à l’ancien salaire)

Ce qu’il va se passer à l’issue de la dernière séance de négociation

Sauf surprise de dernière minute, les partenaires sociaux ne devraient pas se mettre d’accord ce jeudi, lors de leur dernière séance de négociation, sur les modalités d’une nouvelle convention d’assurance-chômage, applicables pour les deux ans à venir, malgré un déficit de 4,5 milliards d’euros en 2015. Un échec, comme en 1982, conduirait l’État à reprendre la main et à proroger, au moins dans un premier temps, l’actuelle convention, qui expire le 30 juin. En toute logique, Manuel Valls devrait par la suite renvoyer toute discussion à l’après-élection présidentielle.

. 90% de probabilités que… le gouvernement constate l’absence d’accord des partenaires sociaux sur une nouvelle convention et proroge celle conclue en 2014 pour un an
. 5% de probabilités que… le gouvernement constate l’absence d’accord des partenaires sociaux sur une nouvelle convention et fixe, dans une loi, les nouveaux critères d’indemnisation
. 5% de probabilités que… les partenaires sociaux tombent d’accord sur une nouvelle convention qui entre en vigueur, pour deux ans, le 1er octobre prochain

Source : lefigaro.fr