La télémédecine pour soigner les plaies chroniques

Une plate-forme de télémédecine dédiée à la cicatrisation des plaies complexes et chroniques est testée depuis six mois à Strasbourg, un outil qui pourrait notamment permettre d’économiser d’énormes frais de transport de patients souvent âgés et habitant parfois dans des « déserts médicaux ».

En lien avec trois maisons de santé et un service d’hospitalisation à domicile, Télécical propose aux patients un diagnostic de leur pathologie via une télétransmission de photos ou une évaluation in vivo par le truchement d’un chariot de télémédecine, voire d’un simple smartphone.

« C’est un vrai problème de santé publique qui touche des personnes souvent âgées, souvent handicapées, souvent isolées », souligne Françoise Mantz, chirurgien vasculaire à l’origine de ce projet qui bénéficie d’un contrat de télémédecine avec l’Agence régionale de santé du Grand Est.

Les plaies complexes et chroniques sont des lésions avec complications, souvent liées à une autre pathologie ou à une immobilité (escarre), qui durent plus de six semaines et souvent récidivent après guérison.

Elles représentent, selon Télécical, 2,5 millions de patients en France, un milliard d’euros de dépenses en soins de ville et « des coûts colossaux en frais de transports, en frais d’hospitalisation, en antibiotiques et en antalgiques, avec un temps moyen de cicatrisation de 7,5 mois et un taux de rechute de 30% ».

Le diagnostic à distance, auquel peuvent participer, selon les cas, spécialistes de diabétologie, d’infectiologie, de chirurgie vasculaire, orthopédique et autres podologues, permet de pallier l’isolement du patient mais aussi celui du médecin généraliste ou de l’infirmier.

« C’est une offre de soins plus équitable, notamment dans les déserts médicaux », estime Aurélien Michot, chef de projet télémédecine. Télécical n’entend pas se muer en entreprise de santé.

Le projet, qui utilise des logiciels existants pour la télétransmission, le partage des informations et l’analyse d’image, est hébergé administrativement par l’Ircad, un institut de recherche au sein des hôpitaux de Strasbourg, qui prête également ses équipements de télémédecine.

L’objectif est, d’ici trois ans, de valider l’expérience par un maillage du territoire de la grande région Est, en vue de proposer sa généralisation aux autorités de santé.

Source : challenges.fr