La télémédecine en actes

La télémédecine sous ses diverses formes – téléimagerie, téléexpertise, télésurveillance et téléaccompagnement – est aujourd’hui en plein développement, suscitant de nouvelles coopérations entre professionnels de santé et ce au bénéfice des patients. Ce dossier de la revue SOINS dresse un état des lieux des pratiques en la matière.

Avant-propos : améliorer l’accès aux soins et à la coopération

La télémédecine a été instituée par la loi il y a plus de dix ans1 afin d’améliorer l’accès aux soins de tous les usagers et de favoriser des collaborations entre des professionnels de santé dispersés sur le territoire. Ses usages ont été peu à peu précisés, au fil d’expérimentations promues et financées pour lui permettre de se développer en toute sécurité pour les usagers.

De nombreux professionnels de santé collaborent aujourd’hui à distance avec succès, en téléimagerie, téléexpertise, télésurveillance et téléaccompagnement. Les expériences menées montrent bien l’intérêt des outils technologiques connectés pour créer des espaces de consultation spécialisées, transmettre des informations sécurisées, recevoir un avis d’expert ou assurer des surveillances biologiques et médicales sans obliger le patient, souvent âgé, fragile et peu mobile, à se déplacer. Ce n’est plus lui qui va chercher les soins et la médecine spécialisée, ce sont eux qui arrivent jusqu’à lui.

Le bon fonctionnement des dispositifs de télémédecine nécessite des ajustements dans l’organisation des activités respectives de chaque professionnel de santé. Les dispositifs communicants suscitent en effet entre les professionnels participants des relations directes qui bouleversent les organisations habituelles. Les acteurs de proximité, en particulier les infirmiers, y gagnent en expertise. Leur motivation et leur travail en équipe en sont renforcés.

Pour autant, la télémédecine, qui ne joue pas encore tout son rôle souhaitable, notamment dans les soins en ville, n’est pas sans risques. Il faut à la fois la développer et veiller à ce qu’elle ne supplante pas l’accompagnement humain nécessaire à une relation de soins de qualité, ni ne serve d’autres intérêts que celui des patients.

Source : infirmiers.com