La Mutuelle des étudiants (LMDE) : Intériale interpelle Manuel Valls

Intériale engage un véritable bras de fer avec l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) pour obtenir une décision rapide sur la reprise de la Mutuelle des étudiants. Le plan de redressement de LMDE est loin d’être engagé contrairement à ce qu’affirment les ministres de l’Enseignement, des Finances et de la Santé.

Alors que LMDE est sous administration provisoire depuis tout juste un an, la tension est encore montée d’un cran, en fin de semaine dernière, concernant la mise en oeuvre du plan de sauvetage de La mutuelle des étudiants.L’organisme, qui gère à la fois le régime obligatoire des étudiants et leur complémentaire santé, est confronté à de graves difficultés financières et de qualité de services.

LES MINISTRES SE RÉJOUISSENT
Pas moins de quatre ministres se sont fendus d’un communiqué vendredi 3 juillet dernier après que l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a autorisé la résiliation de la convention de substitution entre la LMDE et la MGEN sous réserve de la signature d’une convention avec Interiale. Najat Vallaud-Belkacem (Education nationale), Michel Sapin (Finances), Marisol Touraine (Santé) et Thierry Mandon (Enseignement supérieur) « saluent cette étape décisive dans le redressement en cours de la LMDE », en précisant que cette « nouvelle convention de substitution doit être approuvée prochainement par l’ACPR ».

L’INCONTOURNABLE ADHÉSION DE LMDE À L’UMG INTÉRIALE
Ce communiqué a fait immédiatement réagir Interiale. Et pour cause, selon la mutuelle de référence du ministère de l’Intérieur, ce plan de redressement repose certes sur la signature d’une nouvelle convention de substitution, approuvée à l’unanimité par l’assemblée générale de La Mutuelle des étudiants, ce lundi 6 juillet, mais également sur l’adhésion de LMDE à l’UMG Groupe Intériale. Un point de friction depuis plusieurs semaines avec l’ACPR.
Or selon les informations recueillies par Intériale auprès de l’administratrice provisoire de LMDE, Anne-Marie Cozien, l’autorité de contrôle n’aurait pas prévu de se prononcer lors de sa prochaine réunion du 10 juillet sur cette adhésion. Cela tiendrait notamment au fait que l’assemblée générale de l’UMG Intériale ne se réunira que le 21 juillet pour se prononcer sur cette adhésion. Bref, l’ACPR n’examinerait pas ce point avant septembre.

LE RISQUE D’UNE RENTRÉE UNIVERSITAIRE RATÉE
Ce report « serait sérieusement préjudiciable à la bonne réalisation du plan de substitution », écrit Intériale dans un courrier adressé, ce même vendredi 3 juillet, au Premier ministre. « A très court terme, cela fera porter une lourde responsabilité aux décideurs sur une rentrée universitaire ratée pour LMDE. Par ailleurs, prendre le risque de ne pas intégrer LMDE à l’UMG Intériale mènera LMDE aux mêmes dysfonctionnements qu’aujourd’hui », poursuit la mutuelle, qui demande donc à Manuel Valls de « soutenir [sa] demande afin que cet élément soit rapidement confirmée. »

PAS D’AVANCE DE TRÉSORERIE

Dans l’attente, deux mesures importantes du plan de redressement, prévues initialement pour le début juillet, demeurent en stand- by, à savoir le versement d’une avance de trésorerie de 10 M€ et l’arrivée de Nicolas Sarkady, actuel DG d’Intériale, à la direction générale de LMDE. Et ce alors même que la mutuelle des étudiants connaît une situation financière très dégradée et que la campagne d’affiliation à la rentrée de septembre constitue bien évidement une période clef pour une mutuelle étudiante.

MOBILISATION ATTENDUE DES SYNDICATS
Une situation qui devrait susciter de vives réactions du côté des syndicats de La Mutuelle des étudiants qui ont déjà appelé à la grève le 25 juin dernier afin justement de pousser l’ACPR à valider plus rapidement le plan de redressement. Avec la crainte que les retards pris par l’ACPR fassent capoter l’ensemble du plan de sauvetage, y compris le transfert de la gestion du régime obligatoire à la Caisse nationale d’assurance maladie qui doit reprendre 450 salariés de LMDE.

RECOURS DE L’UNEF CONTRE L’ADMINISTRATION PROVISOIRE
« A chaque étape, l’ACPR fait valoir de nouvelles exigences », soupire un proche d’Intériale, qui s’interroge sur les motivations de l’autorité de contrôle. S’agit-il de fermer tous les verrous afin de sécuriser un dossier aussi sensible que complexe ? Ou alors de pousser Intériale à se retirer du dossier afin d’ouvrir le débat sur le maintien du régime étudiant de Sécurité sociale ? Ou encore de régler des comptes avec l’Unef, alors que le syndicat étudiant, omniprésent dans la gouvernance de LMDE, a déposé un recours contre la prolongation jusqu’à la fin octobre du mandat de l’administratrice provisoire ? Seule certitude, le feuilleton LMDE est loin d’être terminé.

Source : l’Argus de l’Assurance