La maladie de Verneuil touche 1% à 4% de la population

Souvent longue à être diagnostiquée, cette maladie de peau augmente les risques cardio-vasculaires.

Maladie inflammatoire chronique de la peau, le psoriasis s’accompagne d’un risque cardio-vasculaire accru. Il semblerait que ce soit également le cas pour une autre pathologie dermatologique moins connue mais tout aussi invalidante: la maladie de Verneuil.

Cette maladie chronique qui débute après la puberté se manifeste par des nodules douloureux et des abcès. La cause n’en est pas entièrement connue. L’atteinte initiale serait une occlusion du follicule pilo-sébacé avec une inflammation secondaire. Ces lésions vont se développer dans les régions riches en glandes apocrines, c’est-à-dire au niveau des aisselles, des plis de l’aine, des seins, des parties génitales, des fesses… Les termes d’hidradénite suppurée, d’hidrosadénite suppurée ou d’acné inversée sont également utilisés.

Une qualité de vie dégradée

«Les patients sont plus souvent des femmes. Leur qualité de vie et leur vie sexuelle sont particulièrement dégradées», souligne le professeur Annabel Maruani, dermatologue au CHU de Tours. Le diagnostic est essentiellement clinique et se fait souvent plus de 5 ans avant le début de la maladie. «Ce retard est quasi inévitable. Le diagnostic est en effet clinique et au début de la maladie, lorsqu’il n’y a que 1 ou 2 lésions elles peuvent être confondues avec un furoncle, un abcès, une folliculite. Ensuite, c’est une maladie dont les gens ont honte. Ils ont du mal à nous montrer leurs lésions», ajoute-t-elle.

Certaines formes vont rester modérées et seront soignées avec des antibiotiques, mais la maladie peut également évoluer progressivement vers une forme invalidante qui nécessitera un traitement chirurgical. Il s’agit alors d’enlever les lésions et les glandes apocrines afin d’éviter les récidives, ce qui se révèle efficace. Depuis quelques mois, Humira, un anti TNF alpha, est également autorisé lorsque les traitements conventionnels ne font pas effet. Il diminue le nombre de lésions mais n’est pas efficace chez tous les patients.

Le risque de mortalité par infarctus ou par AVC qui augmente chez les patients atteints de la maladie de Verneuil est souligné par une étude publiée sur le site internet du JAMA Dermatology. Les chercheurs montrent que le risque serait même plus élevé que pour les patients atteints de psoriasis sévère. «Nous savions que, parmi les personnes atteintes de la maladie de Verneuil, il y avait plus de fumeurs, plus d’obèses et plus de personnes atteintes de syndrome métabolique. Mais cette étude montre qu’il y a une surmortalité par AVC et infarctus, indépendamment des comorbidités associées», analyse encore le Pr Annabel Maruani.

Pour le docteur Pierre Raphael, cardiologue à la clinique Saint-Gatien de Tours, ces résultats incitent à proposer un dépistage systématique et répété des cardiopathies ischémiques aux patients atteints la maladie de Verneuil et ayant un autre facteur de risque cardio-vasculaire. «En sachant qu’une majorité d’entre eux fume», précise le Pr Annabel Maruani et peine à s’arrêter. Une donnée à prendre en considération car la maladie de Verneuil est une maladie fréquente: elle touche entre 1 et 4% de la population française, soit autant que le psoriasis, selon la Société française de dermatologie.

Source : lefigaro.fr