Journée mondiale de la sécurité et de la santé au #travail: en 2017, où en sont les entreprises internationales?

La Journée Mondiale de la sécurité et de la santé au travail sera célébrée ce vendredi 28 avril. Lancée à l’initiative de l’Organisation Internationale du Travail, elle a pour ambition de promouvoir la prévention des accidents et maladies professionnels dans le monde entier.

Si les accidents du travail sont en net recul en France, ils sont en constante augmentation à travers le monde selon le Bureau International du Travail. Et les chiffres sont alarmants : toutes les 15 secondes, un travailleur meurt d’un accident ou d’une maladie liée au travail dans le monde, soit 6 300 personnes par jour. Au-delà du coût humain considérable, l’OIT estime que les mauvaises pratiques de sécurité et santé au travail peuvent atteindre jusqu’à 4 % du produit intérieur brut d’un pays.

Pour identifier, prévenir et atténuer les risques de violation des droits humains dans l’ensemble de leur chaine d’approvisionnement, les entreprises mènent des audits sociaux dans leurs filiales ou chez leurs sous-traitants. États des lieux avec ACTE International, expert en « Global Supply Chain Management ». L’entreprise française réalise chaque année 250 jours d’audits sociaux dans le monde entier, principalement en Asie ou au Maghreb à la demande des donneurs d’ordre français et européens.

Presque quatre ans jour pour jour après le drame du Rana Plaza, où plus de 1100 personnes ont perdu la vie, la situation a-t-elle évoluée ?
« Les catastrophes sociales et environnementales comme celle du Rana Plaza ont servi de catalyseur à une prise de conscience plus large », explique Sylvie Thonerrieux, responsable du service Social, Ethique et Environnement chez Acte International.

Depuis, les gouvernements et les grandes organisations internationales comme l’OCDE ou les Nations-Unies ont lancé un appel commun pour la mise en place de stratégies de prévention. Malgré ces principes directeurs forts et une réglementation nationale existante, les risques dans les pays à faible coût de main d’œuvre sont bien réels.

« L’absence de contrôles dans ces pays souhaitant rester « attractifs », favorise le laxisme de certains patrons d’usines qui opèrent en quasi impunité. De plus, le coût lié aux accidents du travail et aux maladies professionnelles y est trop faible pour espérer faire de la prévention. Au cours de nos audits, nous constatons encore beaucoup d’absence de précautions minimum de sécurité : issues de secours fermées, escaliers trop étroits, systèmes d’aération inexistants, installations électriques déficientes, etc. », insiste Anne Le Rolland, PDG d’Acte International Groupe.

Quels sont les moyens pour limiter les risques éthiques, sociaux et environnementaux dans le monde ? Quelle réponse apporte la loi française sur le Devoir de Vigilance, adoptée définitivement par l’Assemblée en février dernier, après un marathon législatif de plus de 4 ans ?
« Fabrication française ou sous-traitance à l’étranger, les entreprises ont désormais les mêmes devoirs et responsabilités. L’enjeu de la loi sur le devoir de vigilance est de prévenir et d’atténuer les dommages sociaux, sanitaires et environnementaux et les atteintes aux droits de l’homme dans toute la chaine d’approvisionnement des multinationales, dont le siège est situé en France* », évoque Anne Le Rolland. Un objectif réalisable avec la mise en place d’un Plan de vigilance, rendu obligatoire par la loi. « À compter du 1er janvier 2018, les entreprises concernées* devront témoigner de mesures efficaces pour identifier et prévenir les risques dans l’ensemble de leur éco-système : cartographie complète, procédures d’évaluation des sous-traitants et fournisseurs, charte éthique… »

*Les multinationales de plus de 5 000 salariés, en leur sein et dans leurs filiales, dont le siège est situé en France (ou 10 000 salariés en son sein et dans ses filiales, dont le siège se situe en France ou à l’étranger).

Source: memorialdelisere.fr