Intégration scolaire des enfants handicapés : bien, mais pas encore assez inclusif

Le Conseil national de l’évaluation du système scolaire (Cnesco) et le Centre international d’études pédagogiques (Ciep) publient des « Préconisation en faveur d’une école inclusive pour les élèves en situation de handicap ». Ce travail résulte d’une conférence de comparaisons internationales, organisée les 28 et 29 janvier par les deux organismes, en partenariat avec le secteur de l’éducation de l’Unesco, l’Agence européenne pour l’éducation inclusive et adaptée et le Café pédagogique.

De réels progrès en dix ans, mais il reste des « défis à relever »

La note reconnaît « de réels progrès depuis 10 ans dans la scolarisation des élèves en situation de handicap ». Les comparaisons internationales résumées dans l’étude montrent un progrès généralisé, mais avec des conceptions et des approches très différentes selon les pays.

Il reste cependant un certain nombre de « défis à relever pour la France » : poursuite des efforts de mise en accessibilité des bâtiments, réductions des inégalités d’accès (selon le type de handicap, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle des parents…), mise en œuvre d’une égalité territoriale (évaluation, information, offre scolaires, services médicosociaux…), ou encore « prise en compte pédagogique de la situation singulière de l’enfant et de l’adolescent ». La note évoque aussi d’autres défis comme la sécurisation du parcours scolaire de l’enfant et de l’adolescent ou l’accès à une offre de formation professionnelle.

Lever les « barrières physiques » et mieux intégrer la question du handicap

L’essentiel de la note réside toutefois dans ses préconisations, que l’on aimerait parfois un peu plus précises et concrètes. Il s’agit tout d’abord d' »éliminer les barrière physiques » à l’accessibilité et de généraliser et accompagner l’usage des outils numériques nomades.

Autre préconisation : « mettre l’établissement au cœur de la scolarité de l’élève en situation de handicap ». Ceci passe notamment par l’inclusion de la question du handicap dans le projet d’établissement, par la nomination, dans chaque structure, d’un enseignant « personne ressource » dûment formé, mais aussi par la formation de l’ensemble des élèves au handicap.

Etendre le PPS au temps périscolaire

Une autre piste concerne l’extension de l’accompagnement de l’élève handicapé et de sa prise en charge. A ce titre, la note préconise d’étendre le projet personnalisé de scolarisation (PPS) au temps périscolaire dans le primaire, de prendre en charge l’accompagnement de l’élève lorsqu’il est en stage ou en alternance (par exemple lors du stage d’observation de 3e) et d’étendre la prise en charge de l’enseignement à distance jusqu’à la fin de la scolarité.

D’autres axes visent le renforcement de la mutualisation des pratiques (base de données d’outils pédagogiques, développement du travail collaboratif entre les acteurs…), la réforme de la formation des enseignants (en y intégrant l’évaluation des élèves handicapés et en encourageant la diversité des méthodes pédagogiques), le développement des recherches sur l’école inclusive ou encore l’évolution – à terme – vers un système d’éducation plus unifié, avec une plus grande mutualisation entre les secteurs médicosocial et éducatif et l’intensification du développement des unités d’enseignement externalisées (partenariats entre établissements spécialisés et établissement ordinaires).

Source : localtis.info