Les indépendants et autoentrepreneurs veulent aussi avoir droit à l’assurance chômage

Selon le nouvel observatoire de l’Union des auto-entrepreneurs, présidé par François Hurel, on en sait un peu plus sur les aspirations des travailleurs indépendants. Notamment sur leur volonté de bénéficier d’un paquet social ou d‘éviter les requalifications de contrats de travail.

On parle souvent d’eux, et récemment au cours de la campagne présidentielle, mais on sait peu de chose sur leurs envies, leurs attentes, leurs aspirations. Eux, ce sont le 1,1 million d’autoentrepreneurs -pardon, il faut parler maintenant de microentrepreneurs depuis le changement officiel de terminologie en décembre 2014- officiellement recensés par les pouvoirs publics. Certains, comme Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, voulaient transformer leur statut et requalifier leur contrat en CDI lorsqu’ils dépendent -comme dans les plateformes de partage, type Uber ou Deliveroo- économiquement d’une entreprise. D’autres, comme le président Macron, ont promis de leur ouvrir des droits à l’assurance chômage ou encore de relever leurs plafonds de chiffre d’affaires pour bénéficier du statut.

L’Union des Auto-Entrepreneurs a voulu aller plus loin et publie, ce jeudi, un Observatoire -réalisé par OpinionWay avec le soutien de la Fondation Le Roch Les Mousquetaires- consacré aux attentes des 2,8 millions de travailleurs indépendants, et notamment des autoentrepreneurs, dont Le Figaro s’est procuré les principaux résultats. Tout d’abord, le choix de travailler en indépendant n’a pas été fait par défaut: 48% des répondants déclarent avoir choisi leur statut «pour exercer une activité avec davantage de liberté qu’en tant que salarié», contre 25% pour sortir du chômage et 6% pour compléter un temps partiel de salariat. S’il n’y existe pas de portrait-robot de chacun d’entre eux, quelques grandes tendances se dégagent: 45% sont des femmes, 47% ont plus de 50 ans (33% entre 35 et 49 ans), 66% n’ont aucune autre activité, 35% travaillent dans le service aux entreprises, 26% dans le service aux particuliers, 6% dans l’industrie, 7% dans le BTP.

51% des indépendants sont prêts à participer au financement d’un dispositif de couverture de perte d’activité, par le biais d’une cotisation supplémentaire d’un montant de 2 à 4%

Ce qu’ils demandent donc en priorité, c’est un «paquet social» avec en tête de leurs revendications (66%) la suppression ou la refonte du RSI, leur régime social défaillant et très controversé. Puis la convergence des systèmes de retraite salariés et indépendants (34%), de protection sociale (34%) et la création d’une allocation perte d’activité (21%). Ils sont même une majorité (51%) à participer, via le versement d’une cotisation de 2 à 4% et complétée d’une contribution versée par les donneurs d’ordre, au financement de ce système d’allocation en cas de perte d’activité.

Près de la moitié des indépendants (49%) ressent également le besoin de se rapprocher de personnes du même statut pour former un réseau complémentaire «afin de développer leur activité ou de répondre à plusieurs aux besoins d’un client», note l’Observatoire. Ils souhaiteraient encore que la possibilité d’exercer en indépendant soit étendue à d’autres activités, et en premier lieu dans le secteur du Tourisme à 86% (guide, interprètes, chambres d’hôtes…), du Sport à 85% (coach, entraîneurs, professeurs…), mais aussi de l’Artisanat à 84% et du Social (éducateurs, assistantes sociales…) à 63%.

«Sans modifier le droit du travail, il est possible de sécuriser la requalification en la rendant caduque grâce à la convergence des protections sociales entre salariés et indépendants»
François Hurel, président de l’Union des Auto-Entrepreneurs

71% des indépendants sont par ailleurs convaincus que les entreprises seraient prêtes à recourir davantage à eux si les risques de requalification disparaissaient et 39% que ce serait même un puissant levier de développement. «La requalification et ses conséquences judiciaires et financières dissuadent aujourd’hui de nombreuses entreprises d’ouvrir leurs portes aux travailleurs indépendants. Sans modifier le droit du travail, il est possible de la sécuriser en la rendant caduque grâce à la convergence des protections sociales entre salariés et indépendants. Avec un potentiel d’un million d’activités supplémentaires créées à la clé», souligne François Hurel, le président de l’Union des Auto-Entrepreneurs. Pour régler la question de ce qu’ils considèrent comme du salariat déguisé permettant aux employeurs de ne pas payer de cotisations patronales, 74% des indépendants réclament «une modification de Code du travail pour créer un contrat spécifique» qui préciseraient les obligations et les droits de chacun.

Source : lefigaro.fr